« Sainte-Marie-aux-Mines » de Claude Schmitz : une enquête loufoque à la Bruno Dumont

Le belge Claude Schmitz (Braquer Poitiers, Lucie perd son cheval) plonge deux inspecteurs déphasés dans une petite ville du Haut-Rhin pour une enquête loufoque et savoureuse ancrée dans le terroir.


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Aperçu du côté de Perpignan dans L’Autre Laurens (2023), le précédent film du cinéaste, l’improbable duo de flics Alain Crab et Francis Conrad (joués par Rodolphe Burger et Francis Sœtens) est muté en terre alsacienne pour se racheter une conduite.

Ces Dupont et Dupond au zèle à géométrie variable – dur de résister à l’appel de la bière et du schnaps – pédalent dans la choucroute pour résoudre une énigme castafioresque : la disparition d’un bijou dans les allées de la célèbre bourse internationale aux minéraux et autres pierres précieuses. Un poil moins perchés que les gendarmes Van der Weyden et Carpentier, autres antihéros filmés par Bruno Dumont dans P’tit Quinquin (2014), nos deux inspecteurs Magret profitent de cette enquête pour faire le canard : l’un avec son ancienne conquête, la commissaire Jeanne ; l’autre avec Nour, l’ex d’un des suspects. Comme chez Dumont, la fine intrigue policière est prétexte à des rencontres insolites et touchantes avec les gens du cru, acteurs amateurs castés sur place. Plus prosaïque, ce Spleen Off (titre de travail du film) de L’Autre Laurens régale par sa galerie de personnages concrètement décalés. Comme le présentateur de l’émission allemande Chiens & autoroutes, dont les retransmissions ovniesques bercent les siestes digestives de Crab dans sa chambre d’hôtel.

Sainte-Marie-aux-Mines de Claude Schmitz, en salle le 11 février, JHR Films (1 h 20)