
Comment composer avec l’incertitude ? C’est toute la tâche de James Stagg (Andrew Scott), météorologue écossais ayant participé à la planification du Débarquement allié, sous la houlette du général Eisenhower (Brendan Fraser), qu’il convainc de reporter l’opération, initialement prévue le 5 juin. En analysant les données recueillies par les stations météorologiques, le scientifique remarque que deux dépressions progressant vers la Manche annoncent des intempéries susceptibles non seulement de faire échouer l’opération, mais aussi de causer la mort des soldats qui y prendront part. Le problème, c’est qu’Eisenhower et son état-major n’ont pas le temps : ils doivent préserver l’effet de surprise face à un ennemi qui pourrait rapidement découvrir leur plan…
Dans Pressure, on assiste donc moins à des scènes de guerre explosives qu’à une confrontation extrêmement cérébrale. Andrew Scott affiche un visage fermé, traversé de signes de stress et d’énervement, et se montre démuni lorsque Brendan Fraser, les yeux fous d’autorité autant que d’affolement, le somme d’aller plus vite, et surtout dans son sens. Le film raconte notre rapport à la vérité : non pas celle qui nous arrange, mais celle qui nous met parfois face à l’inconfort, voire à l’effroi, une vérité qui n’est jamais définitive parce qu’elle peut évoluer, mais qu’il faut pourtant suivre.
Trois questions à Andrew Scott
Qu’est-ce qui vous intéressait dans ce personnage de scientifique face à des personnes qui ne veulent pas suivre ses conclusions ?
Ce qui est captivant, c’est que le personnage de James Stagg subit une pression énorme, car tout le monde lui demande une réponse fondée sur une certitude. Mais une prévision, c’est quelque chose qu’on ne peut pas garantir, elle peut toujours évoluer. Pour incarner ce héros discret, je me suis rattaché à son intégrité.
Dans ce rôle, vous devez manifester une certaine assurance alors que vous êtes traversé par le doute.
Pour moi, James est totalement sûr de lui, mais il doute parfois. C’est un personnage qui n’a aucune expérience de la guerre, il n’a pas l’habitude de se retrouver avec toutes ces personnalités intimidantes. Mais c’est un expert, il a donc une légitimité sur le sujet de la météorologie. Les enjeux sont énormes pour James, le sort de centaines de milliers de soldats repose sur lui. C’était un rôle passionnant à jouer, car je devais trouver comment cette pression, peu à peu, commence à lui peser.
Dans votre carrière, quels ont été vos plus grands moments de doute ?
Quand on commence un projet, on ne sait souvent pas comment on va y arriver. Mais si l’on n’a pas ce sentiment, il n’y a généralement aucun plaisir à faire le film. Cette insécurité permet d’aboutir à ce sentiment qui est porteur : « Je crois que je sais. »
Pressure d’Anthony Maras, sortie le 9 septembre, StudioCanal (1 h 40)