
Encore une adaptation de Resident Evil ? Oui, mais cette fois-ci, même sans Milla Jovovich, ça pourrait valoir le coup, car derrière la caméra se trouve Zach Cregger, réalisateur de 45 ans qui se taille une place dans la liste des espoirs du cinéma d’horreur. Et d’après ce qu’on sait, ce nouveau Resident Evil se veut beaucoup plus fidèle à l’esprit et à l’univers des jeux vidéo que les précédentes adaptations cinématographiques. « Je veux faire le film que j’ai toujours rêvé de voir », confiait ce grand aficionado des jeux vidéo au site Mama’s Geeky lors du Comic-Con de San Diego 2026.
Maisons individuelles, clôtures, voisins qui vivent chacun dans leur monde mais surveillent pourtant constamment ce qui se passe chez les autres… Dans son labyrinthique Évanouis, le cinéaste donnait à la banlieue pavillonnaire des airs de cauchemar, en racontant l’histoire de dix-sept élèves d’une même classe qui disparaissent en pleine nuit, à l’exception d’un seul.
Avec près de 270 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de seulement 38 millions, Évanouis s’est imposé comme un véritable succès commercial et a confirmé Zach Cregger comme l’un des nouveaux noms du cinéma d’horreur.
Auparavant, Cregger avait affûté son style avec Barbare (sorti sur Disney+ en 2022), sur une jeune femme découvrant qu’une maison qu’elle a louée abrite bien plus de secrets et de dangers qu’elle ne l’imaginait. Le film s’attaque aussi frontalement à un sujet d’actualité : Justin Long y campe un acteur accusé de viol en pleine tourmente #MeToo – un choix si risqué que toutes les boîtes de production sollicitées ont d’abord refusé le projet. « On me disait que personne ne voulait suivre un violeur sur 30 pages », résumait Cregger à Vulture. A sa sortie, le film a rapporté 45,4 millions dans le monde, soit environ 10 fois son budget de production.

« J’ai un penchant naturel pour les choses sombres », résume Cregger, qui avoue dans une interview pour Slash Film s’endormir chaque soir avec du death metal.
Le réalisateur, originaire de Arlington en Virginie, puise dans ses expériences intimes pour rendre ses personnages plus humains. Evanouis est notamment né de son propre deuil après la mort de son ami Trevor Moore. « C’était le coup le plus direct que j’aie jamais pris », confiait-il à Rolling Stone, à propos de cette perte. Ce qui fait sa signature, c’est aussi sa façon de cultiver jusqu’au bout le mystère. Dans ses films, le cinéaste n’hésite pas à prendre des chemins de traverse pour déstabiliser les spectateurs.
Et son goût du contre-pied ne date pas d’hier. Dès l’adolescence, c’est au sein du groupe de jeunesse de son église, à Falls Church en Virginie, que Cregger écrit et joue ses premiers sketchs – avec un principe déjà bien ancré : « On misait beaucoup sur l’effet choc, ce qui, je pense, annonçait la suite de ma carrière », confiait-il au Falls Church News-Press. Il poursuit ensuite à New York, avant de créer et animer une émission de sketchs, The Whitest Kids U’ Know, diffusée pendant cinq saisons à la télévision (2007-2011).
Le virage vers l’horreur ne s’est pas fait du jour au lendemain. Après des années à enchaîner les seconds rôles à la télévision, c’est ce Barbare qui rebat les cartes et impose Cregger comme un nom à suivre. De son expérience en comédie, Cregger a gardé la même obsession : ne jamais laisser le public deviner ce qui l’attend.
Sa trajectoire n’est pas sans rappeler celle de Jordan Peele, également passé du sketch (Key & Peele) à l’horreur d’auteur avec Get Out puis Us et Nope. L’humour, avec son sens du timing et de la rupture, n’est-il finalement pas une parfaite école pour apprendre à faire peur ? À Zach Cregger maintenant de prouver que sa recette fonctionne aussi à l’échelle d’un blockbuster.
