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PODCAST : L’émission « Plan large » décrypte le Godard des années 1980

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Une décennie où s’est construit le « mythe » JLG: un cinéaste fiévreux, revendiquant la mort des images classiques et le pouvoir du montage.

Il faut toute une vie pour se tromper puis se trouver en tant qu’artiste. L’adage est un peu ringard mais il s’applique si bien à Jean-Luc Godard, cinéaste protéiforme, tour à tour cinéaste-poète d’inspiration brechtienne, explorateur de formes expérimentales, pitre cinglant, auquel l’émission Plan Large sur France Culture a décidé de dédier une série d’émissions, qui explore les différentes vies de JLG. Après la décennie 1960, au cours de laquelle il met en place sa grammaire cinématographique (des tournages aérés, l’exploration de couples fusionnels mais conflictuels, la fidélité), et 1970, où le réalisateur prend un virage politisé et collectif en rejoignant le groupe Dziga Vertov qu’il a fondé en 1968 avec Jean-Pierre Gorin, c’est au JLG des années 1980 que l’on s’intéresse.

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Quelles mutations ont animé cette période, comment s’y est-il réinventé? Alain Bergala, critique de cinéma et universitaire, considère cette décennie comme celle où le mythe JLG s’est créé: il y repense en profondeur le sens des images, déconstruit leur valeur narrative en faisant du montage une arme poétique (Puissance de la parole), relit dans des œuvres méta et sibyllines l’histoire du cinéma (Nouvelle Vague). Et saisit les révolutions esthétiques de son temps pour questionner les nouveaux régimes d’images: « Un des enjeux principaux pour Jean-Luc Godard dans les années 1980, c’est « comment est-ce qu’on peut approcher la beauté ? ». Dans les années 1960, il n’avait pas ce problème, il mettait la caméra, il tournait, la beauté était là. Ça devient très difficile dans les années 1980 à cause des images qui encerclent le cinéma, comme la pub, le porno etc« . C’est aussi la décennie où JLG façonne son personnage: en conférence de presse à Cannes, dans la presse, il sème le trouble en se faisant prophète de la mort à venir du cinéma, et anarchiste appelant à l’implosion du cinéma traditionnel. Histoire de compléter vos révisions godardiennes, rappelons que la rétrospective qui lui est consacrée est à la Cinémathèque est à voir jusqu’au 1er mars.

Image: Copyright Cinémathèque française

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