Lina Wertmüller pour Pasqualino (en 1977)
As de la satire politique, la cinéaste italienne, disparue en 2021, débute comme assistante sur Huit et demi de Fellini. Elle se fait connaître dans les années 1970 avec Mimi métallo blessé dans son honneur, Film d’amour et d’anarchie, Vers un destin insolite et Pasqualino. C’est pour ce portrait d’un petit mafieux tentant de survivre sous le fascisme et le nazisme qu’elle devient la première femme nommée à l’Oscar de la meilleure réalisation.

Jane Campion pour La Leçon de piano (en 1993) et Le Pouvoir du chien (en 2021)
On ne présente plus Jane Campion, première réalisatrice à avoir été nommée deux fois aux Oscars (elles sont maintenant deux avec Chloé Zhao). D’abord pour son chef d’œuvre La Leçon de piano, mélodrame sensuel sur une femme muette qui affirme son désir dans la Nouvelle-Zélande coloniale (finalement Oscar du meilleur scénario original). Ensuite pour son western psychologique Le Pouvoir du chien – et du chien, ses films féministes et audacieux n’en manquent pas.

Sofia Coppola pour Lost in Translation (en 2003)
Elle aurait largement dû l’être pour son désormais culte Virgin Suicides (2000), mais c’est pour le mélancolique et intimiste Lost in Translation (sur la rencontre entre deux solitudes dans le Tokyo contemporain, avec Bill Murray et Scarlett Johansson) que Sofia Coppola décrochera une nomination. Comme c’est l’un de nos films préférés de la cinéaste, ça n’est pas non plus démérité.

Kathryn Bigelow pour Démineurs (en 2009)
Depuis Point Break (1991), son cinéma-dynamite ne cesse de faire des étincelles (et prouve que les films à grand spectacle ne sont pas l’apanage des hommes). Mais la cinéaste américaine est véritablement entrée dans la légende en 2009, lorsqu’elle est devenue la première femme à remporter l’Oscar de la meilleure réalisation – pour son puissant Démineurs, sur une unité de soldats américains en Irak dont la mission est de désamorcer des bombes.

Greta Gerwig pour Lady Bird (en 2017)
On change d’ambiance avec le cinéma doux, burlesque, drôle et enchanteur de Greta Gerwig, qui signait avec Lady Bird son premier film réalisé en solo. Bien avant Barbie, la coqueluche du ciné indé y racontait l’année de terminale d’une ado à Sacramento (géniale Saoirse Ronan), tiraillée entre ses rêves d’indépendance et sa relation compliquée avec sa mère. Gerwig n’a pas eu l’Oscar, mais s’est imposée comme l’une des voix les plus originales du ciné américain.

Emerald Fennell pour Promising Young Woman (en 2021)
Avant son sulfureux Saltburn, cette « promising » réalisatrice à l’esprit résolument subversif concourrait avec son premier film à l’Oscar de la meilleure réalisation. Elle ne l’a pas eu, mais a remporté celui du meilleur scénario original. Dans Promising Young Woman, elle racontait l’histoire d’une jeune femme qui feint l’ivresse dans des bars pour piéger les hommes qui profitent des femmes. Une critique sociale au vitriol sur les abus et l’impunité qui lui a valu d’être vite remarquée.

Chloé Zhao pour Nomadland (en 2021) et Hamnet (en 2026)
Ses plans contemplatifs et sublimes sont reconnaissables entre mille. Remarquée en 2015 avec Les Chansons que mes frères m’ont apprises, la réalisatrice sino-américaine multiplie depuis les prouesses. En 2021, elle remporte l’Oscar du meilleur film ET de la meilleure réalisation avec Nomadland, sur une femme qui parcourt l’Ouest américain, entre petits boulots et rencontres sur la route. On attend de voir si sa plongée sensorielle dans les coulisses de l’écriture d’Hamlet la propulsera au sommet.

Justine Triet pour Anatomie d’une chute (en 2024)
Première française à figurer dans cette catégorie, la brillante Justine Triet (Victoria, Sibyl) a attiré l’attention du monde entier avec Anatomie d’une chute, thriller conjugal fascinant qui avait déjà décroché la Palme d’or à Cannes en 2023. Incisif, profond, dédaléen, son cinéma invite à repenser les dynamiques sociales, familiales. Il n’y a pas eu de statuette pour cette fois, mais on rêve américain et on mise sur le prochain.