NOUVELLE STAR · Ambroise Rateau : « Enfant, je voyais l’humour noir comme un superpouvoir »

Nommé aux César pour son court métrage « Mort d’un acteur », Ambroise Rateau signe une comédie absurde et singulière, qui s’amuse de nos malentendus. Avant la cérémonie du 26 février (diffusée en direct et en clair sur Canal+), on a tiré son portrait.


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© César

Philippe Rebbot, l’acteur de L’Amour flou ou À bicyclette ! , est mort. C’est ce que crache la radio, ce matin-là. Pourtant, il est bien vivant, comme en témoignent sa fille et son ami. Un scénario absurde : celui de Mort d’un acteur, réalisé par Ambroise Rateau, nommé aux César 2026 dans la catégorie « Court métrage de fiction ».

« Je pensais que je ne serais jamais compris », avoue le jeune réalisateur de 30 ans, trench feutré sur les épaules, un peu timide. Il pensait bricoler des projets sans financement, par passion. Après une école de commerce et quelques petits boulots, il réalise deux courts avec des amis (Nuit Fauve et Soleil Couchant). Son objectif : intégrer la Fémis en réalisation. Il l’atteindra. Un revirement qu’il attribue à une passion née jeune et à une expérience personnelle, qu’il garde pudiquement secrète.

Déterminé, il réalise Mort d’un acteur. Il y explore le manque d’empathie des relations humaines, à une époque où, selon lui, plus personne ne s’écoute ni ne se comprend : « Dans l’histoire, tout le monde est sur sa planète ; cette impossibilité à communiquer face à une situation simple finit par dégénérer […]. L’humain, les relations, c’est ça qui m’intéresse. » Il les décortique à travers la comédie et l’absurde, fasciné depuis l’enfance par l’humour noir et cette capacité à rire de la mort.  « Je voyais ça comme un superpouvoir, cette façon de supporter la dureté de la vie par le rire. »

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Monty Python : Sacré Graal ! de Terry Jones et Terry Gilliam (1975)

Il cite comme influence la satire culte Monty Python : Sacré Graal ! (1975), où le roi Arthur tranche les membres du Chevalier noir, mais que ce dernier ne cesse de nier la gravité de la situation. Avec Mort d’un acteur – qui compte dans son casting Anne Charrier, Finnegan Oldfield, Marc Riso et Afrika Baso Gohier –, il installe cette comédie de l’absurde qu’il développera dans son prochain court, Fiction, sur la surveillance, dans une ambiance à la Truman Show. Depuis sa nomination aux César, le réalisateur se dit « rempli d’espoir » : « C’est de la magie, comme si la bonne fée s’était penchée sur mon berceau. »