« Les Dimanches » d’Alauda Ruiz de Azúa : entre religion et défis familiaux

Dans ce film simple et élégant, la réalisatrice basque espagnole Alauda Ruiz de Azúa suit une adolescente désireuse d’entrer au couvent. Et parle moins de religion que des dynamiques complexes qui traversent une famille.


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« On n’est pas sérieux quand on a 17 ans », écrivait Arthur Rimbaud. Ainara, elle, n’est pas d’accord. L’adolescente le sait : Dieu l’appelle, elle, scolarisée toute sa jeunesse dans des établissements catholiques comme sa mère et sa grand-mère avant elle, à rejoindre les ordres. La première n’est plus là, la seconde est circonspecte. Peut-on délibérément vouloir se couper du monde à cet âge, renoncer aux études, aux voyages et aux amours terrestres ?

Cette question agite aussi le père, veuf, d’Ainara et surtout sa tante, Maite, dont elle est proche. Athée convaincue, celle-ci tente de la comprendre, de la convaincre, de ne pas perdre pied face à un choix incompréhensible. Ce n’est pas la crise de foi qui intéresse Alauda Ruiz de Azúa, mais cette agitation subite au milieu d’une famille en apparence unie, ce grain de sable qui révèle les failles et les non-dits propres à chaque foyer. La cinéaste offre à ces tempêtes intérieures un écrin sobre et élégant – on reconnaîtra la mise en scène précise mais jamais vaniteuse et les dialogues brillants de celle qui a déjà signé l’excellente série Querer. Mais c’est le jeu des deux actrices principales qui emporte le morceau. D’un seul regard, la jeune Blanca Soroa et son aînée Patricia López Arnaiz, qui incarne Maite transmettent les trémolos d’une révélation comme l’abysse de la déception.

Les Dimanches d’Alauda Ruiz de Azúa, en salle le 11 février, Le Pacte (1 h 58)