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L’archive du midi : quand Jean-Claude Brialy fait le portrait complice d’Anna Karina

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En 1966, l’acteur faisait le portrait pudique et amoureux de sa coéquipière au charme insaisissable et désarmant.

Elle incarnait la légèreté mélancolique de la jeunesse sixties chez Jean-Luc Godard, a même prêté son visage tendre et ses grands yeux malicieux à la Nouvelle Vague. Lui était acteur et metteur en scène de théâtre, dont la verve posée, la diction poétique ont notamment été révélés chez Claude Chabrol dans Le Beau Serge et Les Cousins. On parle bien-sûr du tandem charismatique Anna Karina et Jean-Claude Brialy, dont les routes se sont croisées en 1967 pour le téléfilm musical Anna de Pierre Koralnik dans lequel l’acteur interprétait aux côtés de Serge Gainsbourg un patron d’agence publicitaire tombé fou amoureux d’une inconnue prise en photo dans une gare (Anna Karina).

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Ce que l’on sait moins, c’est que ces deux âmes sensibles un peu écorchées partageaient aussi dans la vie une complicité tendre. Dans cette archive de l’INA datant de 1966, Jean-Claude Brialy, clope au bec et ton désinvolte, dresse avec ingénuité le portrait d’Anna Karina, qui se prête au jeu avec un petit mélange d’insolence et de naïveté. « Signe du zodiac : entre Vierge et Balance. T’es plus près de la Vierge ou de la Balance? » , lui demande-t-il, comme pour gentiment railler les férus d’astrologie. C’est que la personnalité trouble et mystérieuse d’Anna Karina ne peut être définie par les contours rigides d’un portrait banal – à l’image de la couleur de ses yeux, tantôt gris, verts, bleus, que Brialy peine à déterminer.

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« Signe particulier : une grande bouche », poursuit-il – on le soupçonne par ce jeu de mots de vouloir rendre hommage à sa vocation de chanteuse, elle qui a interprété de sa voix profonde les paroles de Serge Gainsbourg (Sous le soleil exactement), Serge Rezvani (Ma ligne de chance) et Michel Legrand (La chanson d’Angela) – avant de célébrer sa qualité de polyglotte. Sur les études, la vie privée, l’acteur passera vite, l’air de rien, pudeur oblige. C’est que sa bio, sa relation avec Jean-Luc Godard encore d’actualité à l’époque, n’est rien à côté de son aura : « Anna a un mystère, elle est quelqu’un, c’est une plante qui bouge, qui est vivante (…). Elle a fait de la danse, elle sait bouger, elle sait marcher. » On peut aussi regarder cette archive sans son, le silence rendant encore plus émouvants leurs échanges de regards affectueux, qui transpirent l’estime réciproque et l’impertinence.

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