L’animation française brille dans les nominations aux Oscars

Après le sacre de « Flow », pépite franco-belgo-lettone élue Meilleur film d’animation aux Oscars en 2025, la production française se distingue de nouveau cette année, avec trois nominations pour « Arco », « Amélie et la métaphysique des tubes » et « Papillon ». De quoi parler d’une « french touch » de l’animation à Hollywood ?


Arco
Arco © Remembers

Qui succédera à Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau (2024) ? Réalisé par le Letton Gints Zilbalodis et coproduit par le Français Ron Dyens (fondateur de Sacrebleu Productions), cette odyssée animale en 3D suivait un matou et ses amis, dans un monde apocalyptique bientôt submergé. Ode à la nature et à l’entraide, le film a remporté en 2025 l’Oscar du meilleur film d’animation, parmi une flopée d’autres récompenses : un Golden Globe, un César, le Prix du Jury à Annecy…

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Le producteur de Flow, Ron Dyens, rejoint de nouveau la course aux Oscars en 2026, cette fois-ci avec un court-métrage d’animation : Papillon de Florence Miailhe (2024), nommé dans la catégorie fiction. Le film, disponible sur Arte, évoque le parcours d’Alfred Nakache, surnommé le « nageur d’Auschwitz », rescapé des camps et champions des bassins olympiques. Avec un trait proche du fauvisme et une palette à la Matisse, Florence Miailhe rend hommage à ce héros résilient.

Côté longs-métrages, deux productions indépendantes françaises se sont frayé un chemin au milieu des colosses américains. Il s’agit d’Arco d’Ugo Bienvenu, produit par Remembers, boîte de production cocréé par le bédéaste français (dont c’est le premier film) et Félix de Givry. Truffé de références intergénérationnelles (de Miyazaki à ET), cette fable écolo aussi maligne qu’inquiétante a conquis le cœur des Américains. Arco brigue le titre de Meilleur film d’animation, aux côtés d’un compatriote : Amélie et la Métaphysique des tubes de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han (Ikki Films), sorti en 2025.

Amélie et la métaphysique des tubes
Amélie et la métaphysique des tubes de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han © Haut et Court

Adapté du best-seller d’Amélie Nothomb, Amélie et la Métaphysique des tubes relève brillamment ce défi : incarner par un trait de crayon ludique et vaporeux les pensées philosophiques de l’autrice. Vu à travers les yeux d’une petite fille qui se questionne sur le sens de l’existence, le film fusionne un style d’inspiration française et japonaise. Arco et Amélie affronteront les productions de gros studios : Zootopie 2 de Disney, Elio de Pixar, surtout Kpop Demon Hunter (Netflix), donné grand favori dans la catégorie Meilleur film d’animation.

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« Voir deux films d’animation français en 2D (où tout est dessiné manuellement ou numériquement, ndlr) et indépendants, aller aussi loin, c’est vraiment très bien » a réagi Ugo Bienvenue auprès de l’AFP. Issu de la prestigieuse école des Gobelins, le réalisateur loue l’écosystème français : « Avant, la consécration, c’était d’aller travailler dans les studios américains mais ma génération et celle qui suit, on a envie de rester en France, le pays qui a participé à notre formation. » Même son de cloche pour Maïlys Vallade, coréalisatrice d’Amélie et la métaphysique des tubes, qui a bénéficié de l’aide au programme du CNC : « Ça témoigne du fait que notre modèle de création en France et nos subventions permettent de faire émerger des créations et narrations originales ».

De quoi parler d’une « French Touch » de l’animation, en pleine percée hollywoodienne ? Une tendance de fond se dessine en tout cas depuis quelques années. On se souvient de Ernest et Célestine de Benjamin Renner et Vincent Patar (2012), La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit (2016), ou encore Ma Vie de courgette de Claude Barras (2016). Trois coproductions françaises nommées dans la catégorie Meilleur film d’animation, qui n’avaient pas remporté la statuette. 2026 sera peut-être l’occasion d’un doublé gagnant pour la France, après le succès de Flow l’an dernier.