
Treize ans après La Vierge, les Coptes et moi (2012), dans lequel il racontait déjà sa relation avec sa mère et son rapport à la foi, le cinéaste poursuit son enquête intime avec le désir initial de réaliser cette fois-ci une fiction, à nouveau avec sa mère.
Mais la mort de cette dernière le contraint à réinventer le film. Animé par un sentiment d’urgence, il se tourne vers son père, figure rugueuse et secrète, dont il interroge le passé, de son emprisonnement pour motif politique sous le président Nasser à son installation à Paris au début des années 1970. Comme pour combler l’absence d’images d’époque, Namir Abdel Messeeh insère des extraits de classiques du cinéma égyptien, notamment des films de Youssef Chahine (L’Aube d’un nouveau jour et Le Retour de l’enfant prodigue), et mêle le visage de sa mère à ceux d’héroïnes mélodramatiques.
Entre lettres lues en voix off et ajustement du réel, La Vie après Siham révèle la nécessité pour ce fils de parents immigrés de filmer ses proches pour ne pas les oublier. Au cours des visites au cimetière et de discussions parfois maladroites, un fil se tisse entre père et fils. En allant jusqu’à partager avec lui le scénario avorté de sa fiction, le cinéaste tente d’apprivoiser le vide et de transformer la tristesse en espoir. « Pour vivre, on s’accroche parfois à de drôles d’histoires », dit-il dans le film.
La Vie après Siham de Namir Abdel Messeeh, sortie 28 janvier, Météore Films (1 h 16)
