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« La Leçon de Piano » de Jane Campion, premier du top 100 des films réalisés par des femmes organisé par BBC Culture

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384 professionnels de l’industrie du cinéma (liés à la critique, à la production, à l’enseignement, à la programmation de festivals…) ont été sondés par la chaîne britannique dans le monde entier pour déterminer quels sont, à l’heure qu’il est, les plus beaux films réalisés par des cinéastes femmes. La Leçon de piano (1993) de Jane Campion arrive tout en haut du top, tandis qu’Agnès Varda apparaît comme une des réalisatrices les plus populaires.

Les tops ont toujours quelque chose d’un peu arbitraire. Les lecteurs et lectrices pestent parce qu’un film qu’ils ou elles chérissent n’y est pas, ou bien parce que l’ordre dans lequel les œuvres sont « rangées » leur paraît tout bonnement absurde. Mais la plupart des journaux ne résistent pas à cette tentation à la fois ludique et totalement contingente de classement. Alors, autant faire les choses bien. Pour son top 100 des meilleurs films réalisés par des femmes, la chaîne britannique BBC Culture a demandé leurs avis à quelques centaines de pros du monde entier.

Peu d’étonnement quand on voit que la poésie et le lyrisme de La Leçon de piano de Jane Campion ont convaincu tout le monde. Le film qui avait obtenu la Palme d’or au Festival de Cannes en 1993 reste encore le seul réalisé par une femme à avoir reçu ce prix. Au vu de la richesse et de la diversité des œuvres qui se trouvent dans ce top, c’est désespérant. Espérons donc que des initiatives comme celles du collectif 5050, créé pour notamment faire avancer les festivals de cinéma en terme de parité, fassent bouger les lignes rapidement.

Figure éminemment populaire à l’international, la grande Agnès Varda suit Jane Campion avec son sublime Cléo de 5 à 7 (1962), sur l’errance dans Paris d’une jeune femme qui attend ses résultats d’analyse médicale. La réalisatrice de la rue Daguerre est citée d’ailleurs pas moins de cinq fois dans le reste du top 100 (avec Le Bonheur, Sans toit ni loi…), preuve que ses films ont laissé une trace indélébile dans l’imaginaire cinématographique mondial.

Peut-être plus surprenant parce que son œuvre, aussi monumentale qu’elle soit, reste plus discrètement exposée, la réalisatrice belge Chantal Akerman se trouve en troisième place avec le sec et dur Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles (1975). Akerman nous faisait ressentir le quotidien répétitif d’une femme veuve enfermée dans ses tâches ménagères à heures fixes. La cinéaste est elle citée deux autres fois (pour Les Rendez-vous d’Anna et News From Home), ce qui laisse penser que son œuvre est peut-être actuellement en train d’être redécouverte, quatre ans après sa disparition.

On vous laisse découvrir le reste du top qui occulte forcément certaines figures pionnières, d’Alice Guy (La Fée aux choux) à Catherine Breillat (A ma sœur !) en passant par Germaine Dulac (La Coquille et le Clergyman), mais qui a le mérite d’attirer l’attention sur l’influence grandissante à l’international de certaines réalisatrices comme Céline Sciamma, qui apparaît avec trois de ses films, dont Portrait de la jeune fille en feu, sorti cette année. Notons tout de même la présence pour le moins problématique, à la 38e et à la 45e place du top, des Dieux du stade (1938) et du Triomphe de la volonté (1935), deux films de propagande nazie réalisés par Leni Riefenstahl...

Cliquez pour voir le reste du top 100 des meilleurs films réalisés par des cinéastes femmes organisés par BBC Culture

Image : La Leçon de piano de Jane Campion (c) Carlotta Films

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