“La Dernière Séance”, la déclaration d’amour au cinéma de Pan Nalin

Sorti en Inde en 2022, et lauréat de deux prix aux National Film Awards, récompenses cinématographiques nationales, “La Dernière séance” est enfin visible en France. Un film sensible qui nous plonge dans la passion de Samay, un jeune Indien fasciné par le cinéma.


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Le film s’ouvre sur un ballet de lumière, en 2010, dans une Inde rurale oubliée. Samay a 9 ans et un rêve : faire des films. Grâce à l’amitié qu’il lie avec le projectionniste de la ville d’à côté, il découvre le 7ème art et ses rouages, partageant, au fur et à mesure, ses découvertes avec ses amis. A travers son regard d’enfant se dessine le portrait d’un cinéma dépouillé des artifices qu’on lui connaît, où il ne reste bientôt qu’une bobine, de la passion et le phénomène physique de la lumière.

Celle-ci est d’ailleurs omniprésente tout au long de cette ode au 7ème art, avec des scènes fortes où Samay cherche à la capturer. Le petit garçon, incarné par Bhavin Rabani, livre, aux côtés de ses acolytes, une performance remarquable, remplie d’innocence et de pureté. 

Avec La Dernière Séance (Last Film Show de son nom original), Pan Nalin dresse le portrait d’une Inde moderne, tout en dénonçant certains de ses fléaux, comme dans l’un de ses précédents film “Déesses Indiennes en Colère”. Pan Nalin économise ses dialogues et évite les paroles inutiles, laissant place à une précision des images et des regards qui nous touche en plein cœur. On s’abandonne naturellement à l’empathie, s’imprégnant de chacun des personnages avec douceur. 

Si la fin de l’ère des bobines, au profit du numérique, menace de faire disparaître la magie qui enveloppe l’amitié du garçon avec le projectionniste, les quinze dernières minutes finissent de nous émouvoir : un vieux monde qui donne naissance à un nouveau. Pan Nalin nous émeut et nous livre, de la plus belle des manières, l’occasion de (re)tomber amoureux du cinéma.