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FLASH-BACK — « Maman, j’ai raté l’avion ! » a 30 ans

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Il y a trente ans, la comédie de Chris Columbus connaissait un succès fulgurant dû en partie à sa manière rassurante d’envisager la famille américaine de l’ère post-Reagan.

Kevin McCallister, un garçon de 8 ans oublié à la maison pour les fêtes de Noël par sa famille partie précipitamment à Paris, se met à vivre de façon autonome jusqu’à être confronté à un duo de cambrioleurs déterminés à vider la demeure familiale… Avec sa musique signée par le maître John Williams (compositeur entre autres des thèmes de Star Wars, d’Indiana Jones ou de Jurassic Park) et son casting mémorable (Joe Pesci en méchant et la révélation Macaulay Culkin, propulsé star internationale), Maman, j’ai raté l’avion ! cumule 477 millions de dollars de recettes mondiales et rejoint, en cette fin d’année 1990, le rang des comédies culte de Noël. « La réussite du film repose aussi sur l’identification de deux publics cibles opposés, les enfants et les parents, grâce à un double discours assez contradictoire », analyse Célia Sauvage, chercheuse et coautrice de l’ouvrage Les Teen Movies (Vrin, 2011). « Les enfants sont encouragés à rêver d’aventures insouciantes sans leurs parents, et en même temps les parents sont rassurés : en leur absence, leurs enfants seront responsables, ils feront les courses et rangeront la maison. » 

Maman, j'ai raté l'avion : Photo

© Twentieth Century Fox

« Ce retour au foyer rassurant achève de faire du film une œuvre quasi politique » 

Ce faisant, Maman j’ai raté l’avion ! injecte dans le genre du film d’aventure pour enfants un commentaire sur l’époque, marquée par les réminiscences de l’ère Reagan (1981-1989). « Comme un bon père, Kevin protège le foyer contre les intrusions des étrangers et, comme une bonne mère, il fait les tâches domestiques. » Avec son jeune héros qui ne quitte jamais la maison mais rivalise d’ingéniosité pour en chasser les intrus, Le réalisateur Chris Columbus signe là une pure épopée domestique, loin des expéditions extérieures des Goonies (autre grand film pour enfants, sorti en 1985, qu’il avait coscénarisé). Ce retour au foyer rassurant achève de faire du film une œuvre quasi politique, alors que le pays, plongé en pleine guerre du Golfe, traverse une période inquiète : « Le petit soldat Kevin refédérait l’esprit familial et cosy de l’Amérique », conclut Célia Sauvage. En 1992, dans la suite du film (Maman, j’ai encore raté l’avion !), Kevin croisera un certain Donald Trump. Vous avez dit visionnaire ?

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Illustration : © Anna Wanda Gogusey

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