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DÉCRYPTAGE – Les black horror movies, un nouveau genre ?

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De plus en plus de films et séries d’horreur portés par des Afro-Américains arrivent sur nos écrans. La preuve cet automne avec Antebellum de Gerard Bush et Christopher Renz (sorti le 9 septembre) ou les séries Lovecraft Country et Bad Hair. Le black horror, un nouveau genre ? On a demandé à Mark H. Harris, créateur du site américain Black Horror Movies.

Depuis le succès de Get Out, il y a une explosion de films et de séries d’horreur afro-américains. C’est le début d’un nouveau sous-genre ?

Il y a eu des films d’horreur avec des réalisateurs et des stars noirs dans le passé. Dans les années 1970, pendant la Blaxploitation, Le Vampire noir, Ganja and Hess et Dr. Black, Mr. Hyde ; dans les années 1990, début 2000, Tales From the Hood, Bones, Le Cavalier du diable et Succube. Cela représente une trentaine de films, mais la grande majorité de ces films avaient un petit budget et ne sont jamais sortis au cinéma. La différence maintenant, c’est que les studios sont plus disposés à donner des opportunités aux cinéastes noirs. Pour plusieurs raisons.

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D’abord, cette dernière décennie, il y a eu une combinaison inédite de succès critiques et financiers de films menés par des personnages noirs, avec en tête Black Panther et Get Out. Ensuite, le succès de Get Out a montré aux studios que le black horror était un genre viable. Et puis il y a le contexte. Depuis la controverse #OscarsSoWhite en 2015, l’industrie fait un effort pour être plus représentative. Et la succession sans fin d’affaires de racisme et de violence policière médiatisées a rendu les histoires noires plus pertinentes que jamais.

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Pensez-vous qu’il s’agit d’une mode ou d’une nouvelle réalité ?

Hollywood s’empare vite des tendances et produira des films de black horror aussi longtemps que les spectateurs et spectatrices auront envie de les voir. Et même si, une fois la nouveauté passée, ces films ne reçoivent plus autant d’attention qu’aujourd’hui, je suis assez optimiste : je ne crois pas que l’industrie hollywoodienne puisse retourner dans l’obscurité dans laquelle elle était ces cinquante dernières années.

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Les cinéastes noirs sont-ils plus enclins à faire du cinéma d’horreur de par leur expérience du racisme ?

Je ne pense pas, mais je pense que l’horreur qu’ils écrivent est plus encline à être liée aux questions de race. Et le cinéma d’horreur tend naturellement à mettre en scène les parties les plus sombres de la société, ce qui inclut le racisme et les préjugés. Le black horror est à mettre en parallèle avec le woke horror [une personne est dite woke quand elle est éveillée aux injustices sociétales et à l’oppression qui pèse sur les minorités, ndlr], qui touche à des sujets comme le sexisme, l’homophobie, la xénophobie. Le woke horror et le black horror reflètent les préoccupations actuelles et aident le genre à se renouveler.

Propos recueillis par Aline Mayard

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