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[CRITIQUE] : « L’Angle mort » de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic

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Que  faire de son don d’invisibilité ? Onze ans après L’Autre, le duo le plus discret du cinéma français, Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard, ressurgit avec une fable sur un héros évanescent, dont le pouvoir se détraque à l’aube de la quarantaine. À l’heure de l’hégémonie Marvel, parlons plutôt d’antihéros : Dominick (Jean-Christophe Folly) mène une vie parisienne bien ordinaire, partagée entre un job dans un magasin de guitares et des soirées « sushis-couette » avec sa copine Viveka (radieuse Isabelle Carré). Alors qu’il vit avec son casque vissé sur les oreilles, son entourage lui reproche son perpétuel isolement. Dominick n’a confessé son talent à personne, et il ne sait qu’en faire depuis le lycée et ses prohibés vestiaires féminins… Dans un Paris glacial, les deux cinéastes questionnent l’ambivalence de l’invisibilité, tantôt refuge salvateur (contre cette maudite sonnerie de smartphone, par exemple), tantôt menant à l’abandon (les marginaux et les minorités invisibilisés par la société). Maintes fois arpenté depuis L’Homme invisible de James Whale (1933), le mythe s’avère décidément inépuisable.

L’Angle mort de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic, Rouge (1 h 44), sortie le 16 octobre

Image : Copyright Doc and Film International