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À voir : un épilogue alternatif de « 2001 L’Odyssée de l’espace »

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Réécrire la fin de 2001, est-ce un sacrilège ou une prouesse technique ? On vous laisse trancher en regardant cette vidéo assez bluffante dans laquelle un spécialiste des effets spéciaux a conçu dans un style très similaire à celui de Kubrick une autre fin de 2001.

Voilà plus de cinquante ans que le (faux) dénouement de 2001, L’Odyssée de l’espace tourmente l’âme des kubrickiens. Cryptique et métaphysique, l’épilogue a soulevé les théories les plus folles (on a par exemple dit qu’il avait été conçu sous LSD) et son côté clivant n’a fait que nourrir un mythe insoluble. Pour ceux qui ont réussi à aller au bout de cette épopée existentielle (le film a la réputation d’en avoir laissé plus d’un au bord de la route), souvenez-vous. À la fin, – ATTENTION SPOILERS – le commandant Bowman, seul survivant du voyage, croise le célèbre monolithe noir (faites semblant de voir duquel on parle si vous n’en avez pas de souvenir) avant d’être aspiré dans un tunnel interstellaire et d’atterrir dans une chambre d’hôtel style Louis XVI. Il s’y voit vieillir prématurément, nez-à-nez face à son lit de mort, avant qu’un fœtus flotte dans le cosmos (réincarnation de Bowman ?).

Si cette fin vous frustre, Steve Begg, un artiste professionnel spécialisé dans les effets spéciaux, a inventé pour vous un épilogue alternatif de 2001 d’une durée de trois minutes et demie…qui se déroule 203 ans après les événements du film original. On y voit l’agent Frank Pool (joué par Gary Lockwood) – qui dans le 2001 de Kubrick est tué par l’ordinateur HAL 9000 – à la dérive dans l’espace, puis à moitié enseveli, avant de tendre la main vers une porte noir. Rappelons que dans le dernier livre de la trilogie d’Arthur C. Clarke, son corps est retrouvé, conservé et ressuscité 1000 ans plus tard. Et que donc Steve Begg s’est totalement affranchi du récit initial. Le résultat donne l’étrange impression de faire renaître la patte formaliste et froide de Kubrick – la partition de Richard Strauss et Gyorgi Ligeti entrecoupée de longues respirations silencieuses, les brusques changements de tempo et d’angles – à l’aune des outils numériques d’aujourd’hui. Une imitation bluffante à laquelle il manque bien-sûr une chose : le vertige visionnaire que procurait le film de Kubrick, déjà capable en 1968 d’englober les grandes préoccupations techniques de l’humanité.