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A voir sur Arte: « I am Divine », flamboyant documentaire sur l’outrageante drag-queen

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Une biographie limpide et enjouée, qui permet de saisir à quel point Divine (Harris Glenn Milstead ) a ouvert la voie à une esthétique transgressive tout en devenant un symbole fier de la marginalité.

La plus grande drag-queen de l’histoire du cinéma, égérie bouillonnante, symbole absolu de la liberté qui explosa toutes les convenances n’a pas toujours été si flamboyante. Avant de rencontrer John Waters qui lui donna son pseudo sacré, inspiré par Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet, Harris Glenn Milstead était un gamin de Baltimore mal dans sa peau. Furetant dans la garde-robe de sa mère, ce fan de comédie musicales subissait des discriminations à l’école, notamment sur son poids.

Mais une fois qu’il s’est mis à traîner avec les Dreamlanders, la bande de John Waters, il est devenu à travers les films qu’ils ont fait ensemble un sex symbol décomplexé, une drag queen à la fois trash et généreuse. Dans Pink Flamingos et Female Trouble, les méfaits de son personnage annoncent carrément la révolution punk.

I Am Divine est l’histoire de cette métamorphose, que le réalisateur Jeffrey Schwarz restitue avec un sens du détail et de l’archivage impressionnant. A travers des photos iconiques, des témoignages d’amis proches (John Waters, Tab Hunter, Mink Stole, Ricki Lake) et des analyses extrêmement pertinentes sur l’état de l’esprit de l’époque, le documentaire parvient à dépasser le côté « phénomène » de cet acteur qui est aussi, toujours sous le pseudo Divine, devenu une star du disco (Born To Be Cheap ou encore Shoot Your Shot). Sous les paillettes trash et le goût du scandale, Harris Glenn Milstead a su faire de l’exubérance un geste radical et politique – même si, à la fin de sa carrière, il voulait aussi échapper au personnage de Divine pour jouer d’autres rôles.