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  • 5 min

Du côté d’Orouët de Jacques Rozier

  • Laura Tuillier
  • 2013-08-09

Gilbert (Bernard Menez, dans son premier rôle) passe la porte d’entrée avec son allure de grand dadais maladroit. Il s’immisce dans la maison de vacances de ses nouvelles amies comme on entre dans la cage aux lions. De légers zooms sur Gilbert isolé dans le plan soulignent à de nombreuses reprises son impuissance face aux filles, qui sont elles filmées en duo ou en trio, comme un monstre à plusieurs têtes, rigolard et moqueur. Climax de la scène : Gilbert renverse une bassine pleine d’anguilles, créant une panique générale que les filles, malgré leur terreur apparente, semblent chercher. Jacques Rozier opte alors pour un angle en légère plongée qui renforce l’impression de se trouver dans une arène, en train d’assister à une corrida dont Gilbert serait le taureau malheureux. D’abord confus, il tente de retourner la situation en sa faveur en brandissant une anguille vers les minois affolés. Ça crie, ça rigole, ça s’enferme dans la cuisine. Bernard Menez lui-même semble être désemparé par la tournure que prend l’incident et jette un regard de détresse hors champ, comme pour demander de l’aide au réalisateur. Mais les filles restent ce qu’elles sont : un trio d’anguilles insaisissables, qui ne reste jamais longtemps dans le même cadre que Gilbert.

Du côté d’Orouët
de Jacques Rozier (2h30)
avec Bernard Menez, Danièle Croisy…
Disponible en DVD ( Potemkine)

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