CinémaCultureKidsGEn.ALe magazine
  • News
  • Article
  • 3 min

SCÈNE CULTE : « Scream » de Wes Craven

  • 2022-01-10

Mètre étalon de l’horreur méta passant les codes du genre à la moulinette ironique, « Scream », premier du nom (le cinquième volet de la saga sort le 12 janvier), est aussi, paradoxalement, un film de trouille à l’efficacité redoutable. Cours, Drew Barrymore, cours !

Une jolie blonde (Drew Barrymore), une maison vide, un psychopathe au bout du fil : la scène d’ouverture de Scream coche toutes les cases du genre slasher. En quelques secondes, on peut prédire que le tueur portera un masque, qu’il jouera avec sa victime et qu’il finira par la débiter à l’arme blanche – jamais une blonde n’est sortie vivante d’une telle scène.

Scène culte : « West Side Story » de Robert Wise et Jerome Robbins

Lire l'article

En 1996, c’est ce qu’attendent les fans de Wes Craven (La colline a des yeux), mais le maître a prévu un twist qui change tout : dans Scream, ce fond commun de codes routiniers n’est plus réservé aux spectateurs, il est aussi le principal sujet de conversation des personnages. « Vous aimez les films d’horreur ? Lequel est votre préféré ? » demande la voix anonyme à la naïve étudiante, qui se décide pour Halloween, avant d’évoquer les mérites des Griffes de la nuit et de la franchise Freddy, dont l’auteur est bien sûr… Wes Craven. « Le premier faisait peur. Les autres, ça craint », affirme-t-elle (deux ans plus tôt, Craven a réalisé Freddy sort de la nuit, septième chapitre de la saga).

Scène culte : « Chromosome 3 » de David Cronenberg

Lire l'article

C’est la nature de Scream : plus qu’une série B d’horreur, une satire de série B d’horreur ; mieux qu’un slasher, un discours sur le slasher. Ce glissement, en ouvrant les vannes d’un humour méta qui allait faire florès, rend à Craven son pouvoir de nuisance. Le clin d’œil n’annule pas l’angoisse, il sape nos défenses. La connaissance des ficelles ne nous protège plus, elle nous égare. Si la première scène de Scream a tant marqué les esprits, ce n’est pas seulement parce qu’elle pose les bases d’une néohorreur consciente, mais parce qu’elle restaure la tension propre au genre, cette zone d’incertitude entre ce que l’on projette et ce qui est projeté. Pour une fois, nos prévisions seront peut-être vérifiées, mais elles ne nous empêcheront pas de crier.

Scream de Wes Craven, 1 h 50

Inscrivez-vous à la newsletter

Votre email est uniquement utilisé pour vous adresser les newsletters de mk2. Vous pouvez vous y désinscrire à tout moment via le lien prévu à cet effet intégré à chaque newsletter. Informations légales

Retrouvez-nous sur