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Paul Thomas Anderson en cinq clips géniaux

  • Trois Couleurs
  • 2022-01-07

Le cinéma de Paul Thomas Anderson redouble d'inventivité et d'audace, à l'image mais aussi, et particulièrement, dans son approche du son. À l'occasion de la sortie de « Licorice Pizza », dans lequel il a offert un rôle à la révélation Alana Haïm (membre du groupe new-folk HAIM), focus sur cinq clips réalisés par le cinéaste mélomane pour ses amis musiciens, qui contiennent tout son art et toute sa maîtrise.

Little of your love, Haim (2017)

Le coup de foudre entre Paul Thomas Anderson et Alana Haim a commencé bien avant que le réalisateur lui confie le rôle fougueux d'Alana Kane, jeune femme au caractère bien trempé dans Licorice Pizza. Depuis quelques années, sa relation avec le groupe californien HAIM (dont Alana est la guitariste et chanteuse) est devenue fusionnelle, au point que le réalisateur est presque devenu le quatrième membre de cette sororité qui cultive les grooves R'n'B.

Pour le clip de Little of Your Love sorti en 2017, PTA fait mouche avec une recette qui lui a toujours réussi : une chorégraphie tout droit sortie des années 1980, modernisée par des mouvements de caméra pleins d'élan. Dans une fête disco-country, les membres de HAIM entame une danse en ligne que le réalisateur capture à grands coups de travellings et de rotations, transformant l'ensemble en flash mob aux allures de bal de promo américain sophistiqué. De quoi ringardiser le madison, et nous donner l'envie de voir PTA réaliser un jour sa propre comédie musicale (même si Boogie Nights , sorti en 1997, nous avait déjà convaincu de ses talents pour filmer la danse).

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Daydream, Radiohead (2016)

Dans le juke-box de Paul Thomas Anderson, on trouve beaucoup de morceaux de Radiohead et de son grand ami Thom Yorke. On a choisi de s'arrêter sur Daydreaming, parce que la mélancolie du groupe y rencontre à la perfection l'esthétique cryptique du réalisateur. Ce morceau de bravoure repose sur un concept simple. Thom Yorke, sur une partition de piano minimaliste, traverse des portes qui ne l'emmènent nulle part, si ce n'est sur de nouveaux paysages inconnus.

Un parking glauque, les rivages d'une mer, une maison inconnue, les cimes d'une montagne : filmés en travelling avant pour suivre la silhouette fatiguée de Thom Yorke, ces décors sont autant de promesses déçues qui prennent la forme d'une quête intérieure épuisante. À moins que les dernières images du clip, dans lesquels le chanteur se blottit en position fœtale auprès du feu d'une grotte, n'ouvrent à l'apaisement. De quoi faire de ce rêve diurne et expérimental une belle leçon de renaissance.

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Hot Knife, Fiona Apple (2013)

Ce n'est ni le plus impressionnant, ni le plus virtuose des clips réalisés par PTA, mais on l'aime pour son jeu élégant sur la colorimétrie, le noir et blanc et l'éclairage audacieux. Pour accompagner la voix profonde de Fiona Apple (son ancienne compagne) et ses coups de percussion au tambour, le réalisateur multiplie ici les split-screens et les gros plans sur les visages de la chanteuse et de sa soeur, Maude Maggart, pour en dévoiler les détails, les traits saillants, grâce à des angles de vue toujours étonnants. L'ensemble donne le sentiment d'un tableau éclaté et abstrait, où la puissance des paroles saccadées fait écho aux mouvements de bras en train de scinder l'air pour frapper les tambours.

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Try, Michael Penn (1997)

Outre les grands standards des seventies qui jalonnent Boogie Nights (des Beach Boys à Marvin Gaye en passant par les Chakachas), le musicien Michael Penn a également composé plusieurs titres pop du film. Pour son premier clip, tourné la même année que Boogie Nights, PTA a donc invité le chanteur à tourner avec lui ce clip, qui entretient tout un tas de ramifications avec le film.

On y croise Philip Seymour Hoffman et Thomas Jane, deux interprètes du long-métrage. Et en filmant en une seule prise très ambitieuse l'avancée de Michael Penn dans un couloir interminable, le réalisateur réitère la prouesse technique de l'ouverture de Boogie Nights. Souvenez-vous : dans ce plan-séquence liminaire, la caméra, aérienne comme une plume, nous introduisant en musique dans l'univers des boîtes nuit californiennes.

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Divers, Joanna Newsom (2015)

Les adeptes du psyché Inherent Vice (2014) risquent de savourer ce clip qui réunit tout le génie exubérant de Paul Thomas Anderson. Après l'avoir dirigée dans ce film baroque et planant, le réalisateur a prêté son univers au titre Divers de l'interprète folk Joanna Newsom. La chanteuse y apparaît en surimpression sur une série d'images de montagnes, au milieu des nuages, dans des décors texturés et créés en studio par l'artiste Kim Keever.

Autour de cette apparition évanescente, les éléments naturels commencent à se déchaîner avec une force tranquille : des fumées bleues et rouges s'abattent sur nous, comme si un volcan en fusion se montrait à nous ; des tornades blanches éclatent doucement. Une vision cosmique soutenue par la voix à la fois naïve et grave de Joanna Newsom, qui rappelle le générique ondulant de Punch-Drunk Love.

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