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« Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch

  • 2020-03-25

Envoûtant, hypnotique et formellement parfait : le chef-d’œuvre de romantisme désabusé « Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch (2014) est à revoir sur Arte jusqu'au 10 mars.

Depuis plusieurs siècles, les vampires Ève (Tilda Swinton) et Adam (Tom Hiddleston) vivent d’amour et de sang frais. Le film s’ouvre sur leur réveil à la tombée de la nuit : cela fait maintenant plusieurs années qu’Adam le compositeur de génie vit reclus à Détroit, tandis qu’Ève s’est installée à Tanger en compagnie du poète et dramaturge Christopher Marlowe. En ce début de XXIe siècle, la lassitude et le désabusement commencent à sérieusement atteindre Adam, pour qui les humains ont détruit leur propre monde par cupidité et bêtise. Lorsqu’Ève comprend que son amant cherche à en finir, elle se précipite pour le secourir…

Malgré la nuit, malgré le sang et la tentation du suicide, la relation d’Adam et Ève n’est jamais représentée sous un jour morbide, au contraire. Ces deux-là s’aiment d’un amour inconditionnel, qui sauve le film de la mélancolie totale et du désespoir. Alors que le cinéma agite sans cesse le fantasme d’un amour « éternel » –  sans réaliser qu’il est paradoxal d’invoquer un tel sentiment pour des êtres mortels – le statut de vampire de nos héros permet ici à Jim Jarmusch de donner corps à cet idéal d’un amour absolu qui résiste aux assauts du temps.

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Rarement l’art de Jim Jarmusch n’aura été si pur et maîtrisé : fidèle à son univers, ses personnages baignent dans un environnement culturel où la faute de goût n’existe pas, entre James Joyce et Yukio Mishima, Franz Schubert et Patti Smith. La forme est au diapason du fond : tous les plans sont justes, la photo nocturne est sublime, le steadicam est ici parfaitement exploité pour rendre l’atmosphère lente et feutrée du film. Les acteurs déploie des trésors de subtilité et de sobriété ; Tilda Swinton en particulier fait merveille avec son visage étrange et hiératique, qu’on croirait taillé pour ce rôle en particulier. N’oublions pas les formidables seconds rôles : Mia Wasikowska en petite sœur rebelle qui n’accepte pas de se conforter à la retenue digne et prudente des héros, John Hurt en Christopher Marlowe qui offre à Jim Jarmusch l’occasion de rendre hommage au poète, en le créditant de certains chefs-d’œuvre signés par Shakespeare.

Pour voir le film, cliquez ici.

Image (c) Pandora Films

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