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« Moonage Daydream » de Brett Morgen : Bowie sous toutes les coutures

  • Joséphine Leroy
  • 2022-09-19

Portrait halluciné du regretté David Bowie, disparu en 2016, le documentaire hommage de Brett Morgen a ajouté un peu de piquant punk à la dernière édition cannoise, où il était présenté en Séance de minuit.

Dans le genre trop sage du documentaire musical, Moonage Daydream fait figure d’extraterrestre. On l’a découvert dans un état de semi-fatigue un soir, en fin de Festival de Cannes, et, opérant de sa magie noire, il nous a tout de suite réveillés. S’attaquer à David Bowie n’a pourtant rien d’évident : par quel bout prendre la vie de celui qui s’est métamorphosé au gré d’impulsions musicales très diverses – de la création de son mythique alter ego androgyne Ziggy Stardust à son personnage de dandy clinquant, en passant par sa période expérimentale berlinoise ?

Plutôt que de le muséifier, l’Américain Brett Morgen (auteur en 2015 d’un docu sur le leader de Nirvana, Kurt Cobain. Montage of Heck) épouse les contours insaisissables de l’artiste caméléon. Utilisant des images d’archives datant de ces vingt-cinq dernières années, qu’il transforme pour donner naissance à des plans kaléidoscopiques, il crée une atmosphère ensorcelante à la Kenneth Anger. Mais le film collecte aussi des entretiens étonnants. On retient celui où, en 1983, le chanteur demande à un journaliste de MTV pourquoi sa chaîne ne programme pas plus d’artistes noirs. En dosant montée exubérante et redescente plus lucide, le docu rend un hommage particulièrement malin à Bowie, maître en la matière.

Moonage Daydream de Brett Morgen, Universal Pictures (2 h 20), sortie le 21 septembre

Image (c) Universal Pictures

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