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À voir sur mk2 Curiosity : « Reverse Angle » de Wim Wenders, carnet de bord intime et captivant 

  • Hugues Porquier
  • 2023-11-30

Pour la sortie de « Perfect Days », Wim Wenders nous offre cette semaine « Reverse Angle », une autre de ses œuvres méconnues, filmée en 16mm et superbement restaurée, où l’on croise un certain Francis Ford Coppola en producteur démiurge.

« Reverse Angle » de Wim Wenders

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Mars 1982. Wim Wenders est à New York pour Hammett, son premier film produit aux Etats-Unis, inspiré par la vie du fondateur du roman noir, Dashiell Hammett. Il en profite pour filmer les fourmillantes rues new-yorkaises : les fast-foods aux vitres grasses, les halls démesurément éclairés par des néons de toutes les couleurs, et les carrefours brumeux où se croisent les fameux taxis jaunes. 

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Ces superbes images, tournées en 16 mm (et merveilleusement restaurées), servent de toile de fond pour Reverse Angle, sorte de carnet de bord du cinéaste allemand, dans lequel il livre ses réflexions les plus personnelles. Le réalisateur utilisera à nouveau ce format, notamment dans Carnets de notes sur vêtements et ville (1989). 

Dans Reverse Angle, Wenders évoque, par une voix off tranquille, son rapport à la création, à l’image et à la fiction, en dévoilant ses inspirations du moment. Le roman Mes Amis d’Emmanuel Bove et les peintures d’Edward Hopper, à qui il dédiera un court métrage en 3D, Two or Three Things I Know About Edward Hopper (2020). Il fait également part de ses inquiétudes quant au futur du cinéma, à la multiplication des images et à l’influence de la télévision. Des craintes annonciatrices de son documentaire Chambre 666, qu’il tourne 2 mois plus tard, recueil de témoignages des plus grands réalisateurs de cette époque, dont le concept a été repris et actualisé par la cinéaste Lubna Playoust en 2023 dans Chambre 999.

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Avec son point de vue d’auteur, il évoque les différences de fonctionnement entre le système de production américain, qu’il considère idéal pour les films à gros budgets, et le système de production européen, selon lui plus adapté aux films personnels. Pour exposer l’influence des producteurs aux Etats-Unis, il pose sa caméra au cœur d’une réunion autour du montage de son film Hammett. Dans ce rendez-vous au sommet, on tombe nez à nez avec un producteur très affairé au téléphone, un certain Francis Ford Coppola. Ce dernier a pris un contrôle quasi-total du film, allant jusqu’à retourner et remonter la majorité des séquences. 

Il ne restait plus beaucoup d'argent et j'étais trop têtu pour laisser tomber le film ou dire : "Eh bien, laissez quelqu'un d'autre le faire". Francis était trop têtu pour me virer, alors nous avons tenu bon et nous nous sommes respectés mutuellement malgré tous les conflits”, révèle en 2015 Wim Wenders dans une interview au site Indiewire.

 

Au programme également :  Wim Wenders a également sélectionné pour vous ses films préférés de notre catalogue, et nous raconte pourquoi il les aime. Et si vous voulez voir comment le grand Abbas Kiarostami s’y prend pour filmer la capitale japonaise, savourez gratuitement le génial Like Someone in Love (2012). On vous offre aussi Discontent (1916), la pépite fascinante de modernité de Lois Weber, une des pionnières de l’histoire du cinéma.

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