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À voir sur mk2 curiosity : « D’un château l’autre » d’Emmanuel Marre

  • Joséphine Leroy
  • 2022-03-03

Avec ce court-métrage poignant, à la lisière du documentaire et la fiction, Emmanuel Marre raconte la rencontre entre deux solitudes pendant la période bouillonnante de la campagne présidentielle de 2017. Alors que sort en salles son premier long, « Rien à foutre », co-réalisé avec Julie Lecoustre, mk2 curiosity vous propose revoir le film.

En ce printemps 2017, la campagne présidentielle bat son plein. Dans un appartement parisien, Francine, une dame de 75 ans clouée à sa chaise roulante, cohabite avec Pierre, un jeune homme taciturne de 25 ans qui étudie dans une grande école. À l’ombre de cette agitation politico-médiatique, ces deux solitaires nouent une amitié improbable mais sincère. 

C’est justement en cette faste année 2017 qu’on a découvert l’univers poétique et naturaliste d’Emmanuel Marre à travers son subtil court-métrage Le Film de l’été, road-trip à la fois mélancolique et nerveux sur un trentenaire dépressif qui retrouve son âme d’enfant aux côtés du jeune fils d’un ami. Comme dans ce précédent court-métrage, le cinéaste transforme un gap générationnel en puits de tendresse et d’empathie.

Julie Lecoustre, co-réalisatrice de « Rien à foutre » : «On a réalisé que les hôtesses de l'air fuyaient toutes quelque chose : une rupture, un deuil... »

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Par un savant dosage entre pics d’énergie et phases d’introspection suspendues, le film réveille comme par sursauts l’angoisse abyssale qui paralyse ces personnages. Celle de Francine, d’abord, qui lors d’une banale promenade au Centre Pompidou fond en larmes en évoquant la distance prise par ses enfants, maintenant adultes, prenant par là conscience de sa propre vieillesse – une séquence d’autant plus touchante quand on sait qu’elle est la mère d’Emmanuel Marre, qui joue ici sur la frontière entre documentaire et fiction. Ou celle de Pierre qui, à la recherche d’un sens à donner à sa vie, écume les meetings politiques d’Emmanuel Macron puis de Marine Le Pen, observant d’un point de vue distancié, avec un regard à la fois alerte et lucide, les foules en émoi.

C’est d’ailleurs en entretenant ce flou politique autour du personnage de Pierre que ce film, impeccable de justesse, réussit à saisir le tiraillement à l’oeuvre chez la jeunesse contemporaine qui, si elle ne croit plus tout à fait aux discours politiques, cherche désespérément à faire corps avec la société qui l’entoure. 

« Rien à foutre » de Julie Lecoustre et Emmanuel Marre : vol plané

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