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« Residue » : un film de résistance éthéré et onirique

  • Quentin Grosset
  • 2022-01-02

Avec ce premier long métrage sensoriel, le cinéaste afro-américain Merawi Gerima s’empare du cinéma de résistance. Sa charge contre les violences policières et la gentrification dont souffrent les populations noires est aussi percutante qu’impressionnante.

Jay, la trentaine, revient dans son quartier d’enfance à Washington, D.C. pour réaliser un film avec ses habitants et y retrouver un ami qui semble avoir disparu. Mais, en tant que transfuge de classe, il se heurte à la méfiance de ses anciens camarades, toujours dans la précarité et victimes de graves violences policières. Il remarque en même temps à quel point des Blancs d’un milieu aisé se sont implantés dans le quartier…

À travers cet alter ego, Merawi Gerima, lui-même originaire de Washington, interroge ce qu’il a laissé derrière lui, ce que sa communauté a imprimé en lui, et comment des Blancs, via la gentrification, ont piétiné ou se sont accaparé sa culture. Le cinéaste questionne aussi l’héritage d’un cinéma d’affirmation communautaire, lui qui a pour père le réali­sateur éthiopien Haile Gerima, affilié au mouvement indé L.A. Rebellion – un cinéma noir engagé proposant de nouvelles formes, entre les années 1960 et 1980.

Son style à lui, moyen d’une réappropriation, est aussi onirique qu’éthéré. Tremblés de la caméra, bribes de son, réverbérations, boucles… Avec éclat, le réalisateur fait vibrer et retentir la voix intérieure d’une communauté qui dit toute sa colère, son sentiment d’injustice et d’abandon.

Residue de Merawi Gerima, Capricci Films (1 h 30), sortie le 5 janvier

Image (c) Capricci Films

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