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« Marcel ! » de Jasmine Trinca : la danse comme remède

  • Laura Pertuy
  • 2022-07-18

Nimbé de fantaisie et fort d’une réflexion passionnante sur le deuil, le premier long métrage réalisé par l’actrice Jasmine Trinca (vue notamment chez Valeria Golino et Nanni Moretti) installe la pratique artistique comme force réparatrice.

Dans les ruelles écrasées de chaleur d’une ville italienne désargentée, une enfant traîne son ennui tout autant que le désir de retisser un lien avec sa mère. Jeune veuve, celle-ci balade sa tristesse dans un appartement miteux et ne retrouve du souffle qu’au gré de spectacles de rue qu’elle met en scène et interprète avec Marcel, son chien. Il y a dans Marcel ! la douceur du conte que l’on égrène en chapitres. S’affirme aussi un contrechamp plus glaçant où l’amour se meurt dans un deuil qui ne se fait pas. C’est toute la réussite du film que de montrer la cruauté d’une mère envers sa fille, le rejet compulsif qui se joue parfois entre le créateur et sa création.

Ici, tout est affaire de récit de soi, de ce que l’on fait des souvenirs qui nous hantent et de cette grande toile blanche que propose la pratique artistique, aussi libératrice qu’étouffante. Jasmine Trinca – fabuleuse comédienne chez Nanni Moretti (La Chambre du fils) et Valeria Golino (Miele) – offre ainsi à cet inouï caméléon qu’est Alba Rohrwacher (Palerme, Sous le ciel d’Alice) un champ d’expression extensible. Marcel ! est un geste aussi étrange que touchant, ne répondant à aucun code, se laissant porter par la persistance de l’amour.

Marcel ! de Jasmine Trinca, Rezo Films (1 h 33), sortie le 27 juillet

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