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« Magdala » de Damien Manivel : miracle de cinéma

  • Raphaëlle Pireyre
  • 2022-07-18

Balade silencieuse sur les derniers jours de Marie-Madeleine recluse dans la forêt, le cinquième film de Damien Manivel (Le Parc, Les Enfants d’Isadora) accomplit le miracle de nous faire ressentir du divin en racontant du prosaïque.

Pour ce sujet biblique, à la grande fresque historique, le Brestois Damien Manivel a préfère la peinture de détail. Il filme en gros plans, en gestes, en trajectoires le parcours de la compagne de route de Jésus. Elle qui a fait le choix radical de s’extraire du monde des hommes, vivant ses derniers instants en ermite dans la forêt, buvant des gouttelettes de rosée à même les feuilles ou fouillant la terre de ses doigts pour glaner de quoi manger. Elle s’incarne dans le corps puissant et lent d’Elsa Wolliaston, chorégraphe américaine que le cinéaste a déjà filmée dans son court métrage La Dame au chien (2010) puis dans Les Enfants d’Isadora (2019).

Avec ce nouvel épisode d’un compagnonnage de douze années et trois films, le cinéaste-danseur fait le portrait d’une amie chère en filigrane de celui du personnage mythique, tout en explorant à deux les gestes d’une chorégraphie non dansée. Le devenir animal de ce caméléon qui se fond dans la nature amène la future sainte à une générosité suprême : offrir son cœur – littéralement – à un oiseau malade pour lui redonner vie avant de se retrancher dans une grotte éclairée d’une simple bougie ; la magie de la lumière imprimée sur la pellicule 16 mm nous prépare alors au miracle de l’élévation.

Magdala de Damien Manivel, Météore Films (1 h 18), sortie le 20 juillet

Image (c) Météore Films

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