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« Le Sommet des Dieux » : vertige existentiel

  • Quentin Grosset
  • 2021-09-20

Qu’est-ce qui pousse les individus à vouloir gravir l’Everest ? Dans ce film d’animation renversant, Patrick Imbert adapte le manga de Jirō Taniguchi et Baku Yumemakura en préservant tout le mystère et la sensation de vertige qu’il pouvait inspirer.

En soi, adapter le manga de Jirō Taniguchi et Baku Yumemakura, paru au Japon entre 2000 et 2003 (édité en France par Kana, Prix du dessin au festival d’Angoulême en 2005), s’apparentait déjà à soulever des montagnes. À partir de cette fresque en cinq tomes et en 1 500 pages, le film se retranche sur l’essentiel : plutôt que de raconter une course à l’exploit, il se concentre sur son versant existentiel et sur son mystère. La vieille pellicule photo des années 1920 appartenant à deux hommes disparus lors de leur montée de l’Everest peut-elle changer l’histoire de l’alpinisme en prouvant qu’ils ont été les premiers à gravir ce sommet ?

Décidant de se lancer sur leurs traces, Fukamachi, un jeune reporter qui tombe sur leur appareil photo, et Habu Jōji, un alpiniste qui avait disparu des radars après avoir tenté l’aventure une première fois, vont essayer de résoudre cette énigme… L’animation au trait fin, jouant sur des cadrages complexes, est particulièrement réussie sur les effets d’altitude, notamment lors d’une séquence d’orage très onirique. Mais le vertige provient avant tout de ce que la quête des héros ne peut rester qu’irrésolue, car elle est finalement surtout introspective.

Le Sommet des dieux de Patrick Imbert, Wild Bunch (1 h 30), sortie le 22 septembre

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