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Nans Laborde-Jourdàa : « On travaille sur la crête entre le vrai et le faux, le noble et le mauvais goût. »

  • Quentin Grosset
  • 2022-12-13

En novembre, au festival Chéries-Chéris, son deuxième court, le gracieux « Léo la nuit », nous a beaucoup touchés par l’élan flottant et sensuel avec lequel il suit les bifurcations de son héros, un père gay l’air toujours de passage.

Rares sont les cinéastes qui savent comme lui filmer les courants d’air. Dans son court Léo la nuit, jouant de douceur et de flou, Nans Laborde-Jourdàa (déjà auteur de Looking for Reiko, dans lequel un Français part à Tokyo sur les traces d’une actrice de pinku eiga disparue) incarne un personnage papillonnant, toujours dans sa course. D’un côté, Paul s’occupe de son fils le jour de ses 8 ans ; de l’autre, il se dérobe avec des amants anonymes. On suit la fuite de ce héros glissant à travers une forme fragmentaire, flâneuse, irrésolue, qui a tout d’un jeu de piste espiègle. « J’ai commencé par un montage très ficelé, puis j’ai tout déconstruit », nous dit celui qu’on sent marqué par l’écriture du « je » tout en déviations d’Hervé Guibert.

Le réalisateur se projette autant dans la figure insouciante du père que dans celle du fils. « Je me suis beaucoup construit sur le fantôme de la paternité », raconte-t-il, évoquant son adolescence pyrénéenne fracturée par la mort de son père et la difficulté d’évoluer dans un milieu très hétéronormé. Avec sa compagnie Toro Toro (qu’il a cofondée avec son amie rencontrée au Conservatoire du Ve  arrondissement, Margot Alexandre), le trentenaire fait aujourd’hui fleurir sa flamboyance à travers leurs spectacles RN134, Polyester ou Duet. « On travaille sur la crête entre le vrai et le faux, entre le noble et le mauvais goût. » Son prochain court, Boléro, devrait lui aussi joyeusement s’éparpiller : il racontera le retour sous pression d’un danseur dans ses Pyrénées natales. Sa session drague va dériver vers une immense procession carnavalesque dans des toilettes de supermarché. On est déjà prêts à se perdre dans cette nouvelle échappée.

Duet de Margot Alexandre et Nans Laborde-Jourdàa, du 26 au 28 janvier au Théâtre de l’Aquarium

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