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« Las niñas » : la voie de l'émancipation

  • Éléonore Houée
  • 2021-10-26

Pour son premier long-métrage, la réalisatrice espagnole Pilar Palomero décrit avec justesse la métamorphose adolescente à travers le regard timide mais non moins attentif de Celia. En 1992, à Saragosse, cette jeune fille de 11 ans conteste le puritanisme d’une époque.

Las Niñas se situe au début des années 1990 dans l’Aragon, à une époque où l’éducation religieuse imprègne toutes les strates de la société et dicte la conduite des jeunes filles : Celia, âgée de 11 ans, est élevée par sa mère et des bonnes sœurs dans un collège non-mixte. Lorsqu’une nouvelle camarade, Brisa, tout juste arrivée de Barcelone, intègre sa classe, elle commence à contester l’autorité parentale et celle de l’école.

Dans cette reconstitution juste et délicate d’une Espagne en plein bouleversement politique – la période franquiste est révolue, le pays s’ouvre à l’international –, Pilar Palomero, qui signe son premier long-métrage, filme aussi les changements physiques et psychiques de Celia, de ses premières sorties en cachette à sa découverte de la cigarette et des garçons.

La cinéaste a surtout la bonne intuition d’apporter une intrigue familiale au cœur de cet emballement juvénile : car en même temps que Celia trouve la voie de l’adolescence, elle cherche également la vérité au sujet de son père, qu’elle n’a jamais connu. Face à sa mère pieuse qui reste silencieuse devant ses questions, la timide Celia hurle, ce qui bouscule ses traits poupons - jusqu’alors sublimés par la photographie gracieuse - : c’est toute une génération emprisonnée qui crie à travers elle.

Las Niñas de Pilar Palomero, Epicentre Films (1h37), sortie le 27 octobre 

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