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[KIDS] Alice Butaud : « Je suis plus sereine en tant qu’autrice que comédienne »

  • Cécile Rosevaigue
  • 2024-06-11

[INTERVIEW] Anselmo a interviewé Alice Butaud, actrice (notamment chez Christophe Honoré) et autrice de « La vie commence en sixième », tomes 1 et 2, une série littéraire très drôle, sur les aventures de six copains et copines qui ont décidé de se serrer les coudes en créant « La bande des thons ».

La bande des thons, c’était ta bande ?

Non, mais c’était mon rêve, d’avoir une bande ! Son nom vient d’une chanson rigolote, « Le Cha-cha-cha des thons ».

Dans le tome 2, on apprend que les parents d’Idrissa sont séparés alors qu’on ne le sait pas avant. C’est sa vie secrète ?

Oui. J’ai l’impression qu’au collège on parle assez peu de nos problèmes de famille entre copains. C’est pour cela qu’on apprend cette nouvelle dans le tome 2, dont Idrissa est le narrateur.

Est-ce que tu as pensé à l’histoire en entier avant de commencer à écrire le tome 1 ?

Pas du tout, j’écris les tomes les uns après les autres. Il y a des choses que je sais, mais d’autres que je vais découvrir au fur et à mesure de l’écriture.

Ce n’est pas trop compliqué ?

Je n’ai pas fait de plan à l’avance parce que je pensais écrire une suite dans la continuité du tome 1 : Catarina en cinquième, en quatrième… Mais, à la lecture du premier tome, les éditeurs m’ont proposé de décliner cette fameuse année de sixième en adoptant les différents points de vue des membres de La bande. J’ai trouvé l’idée intéressante, mais je n’avais rien anticipé ! Depuis, j’essaie de ne pas commettre d’erreurs de chronologie.

Il faut faire bien attention pour que tout soit cohérent ! Là, tu m’apprends quelque chose de très important sur la technique. Comment t’organises-tu pour travailler ?

J’ai fait des progrès, mais, quand j’écris, il ne faut surtout pas que j’aie l’impression que c’est un devoir. Donc je ne m’assieds jamais à mon bureau, qui est recouvert d’un tas de fouillis. J’écris sur mon lit, sur un canapé, dans un café. Et je commence tôt le matin, dès que mon fils est à l’école.

On m’a dit que tu étais comédienne. Que préfères-tu : écrire ou jouer ?

L’écriture jeunesse et le jeu sont reliés à l’enfance, mais je suis plus sereine en tant qu’autrice que comédienne. Je me sens libre. Si je veux écrire, je le fais sans être à la merci d’un projet, d’un casting.

À quel âge as-tu écrit ta première histoire ?

Vers 9 ans, avec ma meilleure amie, celle qui m’a inspiré le personnage d’Esther. On se cachait dans une cabane et on inventait des histoires, on détournait des contes : Cendrillon à la crêperie, le Petit Chaperon rouge en patin à roulettes… Ensuite, on montait des spectacles.

C’est ce qui t’a amenée à écrire des livres ?

Non, au collège j’ai tout arrêté parce que j’avais des notes horribles. J’ai repris goût à l’écriture lorsque j’étais ouvreuse au théâtre. J’écrivais des textes de chansons en attendant la fin des représentations.

À mon âge, qu’est-ce que tu aimais le plus faire ?

Regarder la télé avec mes copains et copines en mangeant des tartines de chocolat ! Chez moi, nous avions un mur de cassettes VHS. J’ai vu beaucoup de classiques, comme Les Quatre Cents Coups, E.T., Certains l’aiment chaud, La Mélodie du bonheur…

J’aime beaucoup regarder plein de fois le même film, et toi ?

Je regardais en boucle Les Demoiselles de Rochefort en rêvant d’aller dans cette ville ensoleillée où les gens dansent et chantent dans la rue. Je pensais que c’était vraiment comme ça, à Rochefort ! En vérité, je le crois toujours puisque je ne suis jamais allée vérifier.

La vie commence en sixième, tomes 1 et 2 d’Alice Butaud (Gallimard Jeunesse, 192 p. et 208 p., 13 € chaque tome), dès 10 ans

Image : © TROISCOULEURS

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