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« Jungle rouge » de Juan José Lozano et Zoltán Horváth : dans l'enfer des FARC

  • Thomas Messias
  • 2022-06-20

Basé sur les écrits de l’ancien numéro 2 des FARC, ce film semi-animé mêle le portrait d’un personnage singulièrement romanesque et l’analyse de la chute de la guérilla colombienne. Le résultat déconcerte autant qu’il fascine.

On fera difficilement plus hybride que ce film coréalisé par un documentariste suisso-­colombien et un spécialiste suisse du cinéma d’animation. Tourné en studio avec de vrais êtres humains, puis transformé en long métrage d’animation au gré d’une longue phase de postproduction, Jungle rouge crée un inconfort visuel qui colle bien à l’état d’insécurité dans lequel gravitent les personnages. À l’intersection du docu et de la fiction, ce film utilise dix ans de correspondance laissée à sa mort par Raúl Reyes, guérillero colombien abattu par la C.I.A. en 2008, au service d’un portrait en partie fantasmé : celui d’un leadeur charismatique finissant par sombrer dans la folie.

Le quotidien de Reyes et de ses acolytes est de l’ordre du cauchemar éveillé, impression renforcée par l’étrange patine d’un film au surréalisme croissant. Jungle rouge, c’est Predator revu par Ari Folman, Aguirre. La colère de Dieu revisité par le Richard Link­later de A Scanner Darkly, un trip tortueux dans lequel la descente n’arrive jamais. En ligne de fond, Juan José Lozano et Zoltán Horváth dépeignent la chute des FARC, révolutionnaires ayant vrillé jusqu’à se retrouver privés de tout soutien populaire. Aucun naufrage n’avait jamais été montré de cette façon.

Jungle rouge de Juan José Lozano et Zoltán Horváth, New Story (1 h 32), sortie le 22 juin

Image (c) New Story

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