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Jane Birkin en 10 rôles

  • Marilou Duponchel
  • 2022-01-10

Dans « Jane par Charlotte », son premier film en tant que réalisatrice, Charlotte Gainsbourg livre un portrait sincère et tendre de sa mère, Jane Birkin, qu’elle interroge sur la vieillesse, le passé et les liens familiaux. L'occasion de revenir, en dix rôles, sur les métamorphoses de cette actrice iconique.

Blow Up de Michelangelo Antonioni (1967)

Après s’être montrée dans Le Knack… et comment l’avoir (1965) de Richard Lester aux côtés de jeunes premières de son âge (Jacqueline Bisset ou Charlotte Rampling), c’est chez Michelangelo Antonioni que Jane Birkin fait une apparition courte mais remarquée au cinéma. Elle joue une jeune groupie du célèbre photographe Thomas (David Hemmings) chez qui elle s’incruste avec une bande de copines excitées et finit à moitié nue, vadrouillant dans le petit appartement. À l’époque elle a une vingtaine d’années, et comme elle le raconte dans le portrait que lui consacre Agnès Varda, Jane B. par Agnès V. (1988), après Blow Up, elle se fait dorénavant surnommer « Jane Birkin Blow Up ». Ce personnage de jeune fille en fleur érotisée annonce une certaine tendance des rôles qu’on lui propose par la suite.

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La Piscine de Jacques Deray (1969)

La Piscine est le premier film français de la jeune Jane, tout juste débarquée de son Angleterre natale. Elle y incarne Pénélope, la jeune ingénue par excellence, à la fois frêle, discrète, mais (là encore) dégageant un érotisme fou auquel Jean-Paul (Alain Delon) n’est pas insensible. Avec ses grosses lunettes qui lui tombent sur le bout du nez et ses airs de ne pas y toucher, elle se prélasse en culotte courte sur les bords de la piscine, et observe les tumultes amoureux qui se jouent devant elle.

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Le Mouton enragé de Michel Deville (1974)

À cette période, Jane Birkin alimente tous les fantasmes et Michel Deville l’a bien compris. Dans Le Mouton enragé, qui conte les conquêtes amoureuses de Nicolas Mallet (Jean-Louis Trintignant), Jane Birkin est elle aussi séduite par ce timide employé de banque. Elle porte de petits débardeurs, des jupes courtes et expose sa nudité quasi rachitique à l’écran. Mais ce dont on ne souvient le plus c’est évidemment cet échange de baiser ardent entre deux icônes féminines de l’époque, Jane Birkin et Romy Schneider.

Je t'aime moi non plus de Serge Gainsbourg (1976)

C’est en 1969, sur le tournage de Slogan (1969) de Pierre Grimblat que Jane Birkin rencontre Serge Gainsbourg. Six ans plus tard, les deux amants sont réunis à nouveau à l’écran, elle devant la caméra et lui derrière. Elle y incarne Johnny, une jeune serveuse androgyne qui tombe sous le charme d’un camionneur gay (l’icône warholienne Joe Dalessandro). Le film fait scandale mais vaut à Birkin une nomination au César de la meilleure actrice.

La Fille prodigue de Jacques Doillon (1981)

Dans les années 1980, Jane Birkin rencontre Jacques Doillon. Elle partage sa vie et tourne avec lui trois films, La fille prodigue en 1980, La Pirate en 1984 puis Comédie ! en 1987. Dans La fille prodigue, elle joue la fille de Michel Piccoli : les deux personnages entretiennent une relation trouble et incestueuse. Dans un entretien accordé à L’Humanité, Birkin évoque ce rôle comme celui qui lui a permis d’accéder au statut d’ «actrice sérieuse» et lui a ouvert la voix d’un cinéma d’auteur plus pointu (Rivette, Godard, Varda…).

L'Amour par terre de Jacques Rivette (1984)

Dans L’Amour par terre, Jane Birkin incarne une actrice engagée par un mystérieux auteur de théâtre pour répéter et jouer une pièce dans son immense demeure. Dans ce chassé-croisé amoureux, les personnages de la pièce ne sont autres que les doubles des personnages réels et Jane Birkin excelle en actrice passionnée et anxieuse. Dans un entretien accordé aux Inrocks, lors de la mort de Jacques Rivette, en février dernier, Jane Birkin confiait avoir d’abord « refusé » de jouer dans L’amour par terre parce qu’elle « pensait que c’était impossible de tourner sans scénario, sans connaître l’histoire ».  Elle retrouve le cinéaste à deux reprises dans La Belle Noiseuse en 1991 et 36 vues du pic Saint-Loup en 2009.

Jane B. par Agnès V. d'Agnès Varda (1988)

« La rencontre sur une table de montage d’une androgyne ludique et d’une Ève en pâte à modeler. » Voici comment Agnès Varda parle de Jane Birkin. Dans Jane B. par Agnès V., la cinéaste sculpte son modèle et réalise un portrait fragmenté et poétique. La réalisatrice de Cléo de 5 à 7 filme la belle Jane sous toutes ses coutures, déguisée en Laurel dans le petit jardin enneigé de la rue Daguerre où habite Varda, nue sur un divan comme dans une peinture d’époque, en danseuse de flamenco ou bien en Jeanne d’Arc sur le bûcher. Elle la filme aussi chez elle, autour des siens, seule face à la caméra, ou bien maîtresse aimante aux côtés de Jean-Pierre Léaud.

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Soigne ta droite de Jean-Luc Godard (1987)

Dans cette fable burlesque, Godard incarne un cinéaste qui cherche à vendre son film qu’il balade sous le bras dans de grandes bobines argentées. Birkin y fait une apparition furtive et cocasse. Elle déboule à bord d’une décapotable rouge en compagnie de son amant, un riche homme d’affaires, et interpelle Jacques Villeret, qu’elle appelle « Fourmi », pour qu’il leur indique la direction de Paris. Il lui répond en la surnommant « Cigale », et un dialogue de sourds très drôle s’engage entre la belle cigale et la fourmi solitaire.

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On connaît la chanson d'Alain Renais (1997)

Dans On connait la chanson, les personnages poussent la chansonnette pour exprimer leur rancœur, leurs joie ou leurs peines. Et quoi de mieux que pour exprimer le sentiment douloureux d’une rupture amoureuse que la chanson Quoi? de Jane Birkin, interprétée par elle-même face à un Jean Pierre Bacri désemparé ?

Haewon et les hommes de Hong Sang-Soo (2013)

Dans Haewon et les hommes, la belle Haewon s’endort partout, dans un restaurant ou sur le bout de table d’une bibliothèque. Un travers qui lui permet de vagabonder dans ses rêves où elle rencontre la star Birkin, désormais sexagénaire. L’actrice incarne ici son propre rôle et déambule en touriste dans les rues de Séoul. Le caméo de l’élégance suprême.

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Images (c) Copyright Francis Lefebvre / Gilles Scarella / Ciné Tamaris

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