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À voir : « Hansel et Gretel » de Robert Eggers

  • Cannelle Anglade
  • 2022-04-07

Publié sur archive.org et par la chaîne YouTube Famous First Films, le premier court-métrage du réalisateur de « The Witch » s'approprie les codes du cinéma horrifique muet avec brio.

En attendant la sortie en mai de The Northman, dans lequel Alexander Skarsgård, Anya Taylor-Joy et Björk incarnent un peuple de vikings revanchards et prophétiques, on se plonge dans le court-métrage de 27 minutes qui a fait connaître Robert Eggers, mis en ligne il y a quelque temps par archive.org et plus récemment par la chaîne YouTube Famous First Films :

Si le film était sorti sans aucune indication de date ou d’auteur, on pourrait penser qu’il s’agit d’un véritable court-métrage de la grande époque du muet, noir et blanc stylisé et cartons de dialogues à l’appui. Hansel et Gretel a pourtant été réalisé en 2007 par celui qui deviendra un des plus grands maîtres du folklore horrifique actuels.

Dans cette adaptation du conte classique des frères Grimm, Eggers déploie les codes de l’expressionisme allemand. Caméra subjective inquiétante, plans très serrés, images surexposées qui recréent l’ambiance des vieilles pellicules cramées par le trop plein de lumière, proportions altérées... Tout, dans la mise en scène, vient nous signifier un malaise – jusque dans la bande son, composée par The First Person, tout en violons grinçants et brusques suspensions.

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Si le film semble sorti tout droit des années 1920 avec sa myriade d’éléments gothiques (notons la transformation remarquable de la sorcière cannibale interprétée par Kelly Eggers, la mère du cinéaste). C’est que Robert Eggers a une fascination pour les films de cette période. Il prépare d’ailleurs un remake du Nosferatu (Friedrich W. Murnau, 1922), grand chef d’œuvre inaugural du cinéma fantastique, dont nous fêtons les 100 ans cette année.

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Ce symbolisme, Eggers l'a perfectionné au fil de ses longs métrages, notamment avec les très remarqués The Witch et The Lighthouse. Amoureux du cinéma d’horreur, il remercie Robert Houston (La colline a des yeux) dans les crédits d’Hansel et Gretel, et clôt son film par un ultime carton, épilogue sinistre de la version 1819 du conte : « Mon conte est fini, trotte la souris, celui qui la prendra pourra se faire un grand bonnet, un grand bonnet de fourrure, et puis voilà ! »

Image: capture du court-métrage Hansel et Gretel

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