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4 expos à ne pas manquer pendant les vacances

  • Julien Bécourt
  • 2022-12-15

Francisco Tropa, Christian Marclay, Walter Sickert : on fait le point sur les expos du moment

FRANCISCO TROPA

Sur la ligne de flottaison de l’art contemporain, Francisco Tropa est un cas atypique. Tout en clair-obscur et « à bruit secret », l’artiste ne cherche pas à dissiper le mystère de l’« être » – celui qui nous lie au cosmos –, mais au contraire à l’épaissir, à travers un théâtre d’ombres artisanal où convergent la sculpture, la photographie, le film argentique ou la gravure.

Le parcours met en branle une mécanique onirique à travers laquelle le spectateur déambule, jusqu’à cette marche de Gradiva filmée par la grande essayiste et cinéaste Raymonde Carasco. On pénètre physiquement dans les installations de Francisco Tropa comme dans des mondes parallèles matérialisant des rêves, des récits ou des souvenirs, et donnant une forme tangible à l’intériorité de l’âme. De l’Antiquité au Modernisme, l’artiste dissèque les rouages de l’univers sans jamais verser dans le didactisme, mais en établissant des correspondances perceptives et cognitives entre le monde des objets et celui des corps, qu’ils soient terrestres ou célestes. Son approche de l’art, tant matérielle que spirituelle, plonge le spectateur dans une pénombre méditative d’où surgissent des formes et des sons familiers : des lampes à gaz chapeautées de demi-sphères, des mobiles cosmogoniques à la Alexander Calder, le clapotis rassurant de l’eau… Une constellation de volumes et de motifs qui revisitent les allégories antiques (le Songe de Scipion de Cicéron, la caverne de Platon, le « Pánta rheî » d’Héraclite), dans une mécanique de précision où métaphysique et savoir-faire ne font plus qu’un. « Toutes les choses coulent, rien n’est permanent », semble-t-il nous murmurer à l’oreille.

> « Le Poumon et le cœur » jusqu’au 29 janvier au musée d’Art moderne

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CHRISTIAN MARCLAY

Issu de la scène post-punk new-yorkaise des années 1980, Christian Marclay est l’un des plus brillants artistes américains de sa génération. Qu’il crée des sculptures de ­vinyles ou qu’il improvise aux platines, qu’il détourne des extraits de films ou des ­pochettes de disques, Marclay induit ­systématiquement un rapport critique à la consommation des images et des sons, pointant avec humour et perspicacité l’ambigüité idéologique de la culture de masse. 

> jusqu’au 27 février au Centre Pompidou

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FACE AU SOLEIL. UN ASTRE DANS LES ARTS

Tandis que la Fondation Louis Vuitton expose les sublimes Nymphéas de Claude Monet, le musée Marmottan célèbre les 150 ans de son autre œuvre majeure, Impression, soleil levant, qui bouleversa l’histoire de l’art en donnant naissance au courant impressionniste. Cette émanation de lumière embrumée, proche de l’abstraction, trouve son origine chez les maîtres que furent William Turner, Gustave Courbet ou Félix Vallotton, dont la peinture sensorielle et sensuelle « impressionne » la rétine et pose les jalons de la modernité. 

> jusqu’au 29 janvier au musée 
Marmottan Monet

WALTER SICKERT. PEINDRE ET TRANSGRESSER

Comme un contrepoint britannique aux impressionnistes, dont il fut proche, Walter Sickert est curieusement méconnu en France. Animée de vifs coups de brosses, sa peinture fait preuve d’une liberté folle dans les sujets, figurant dans des coloris sombres des scènes de la vie urbaine ou transposant des images de presse comme nul ne l’avait jamais osé. En rupture avec l’académisme de rigueur à l’époque, cette hypermodernité avant la lettre préfigure aussi bien Lucian Freud que Gerhard Richter. • J. B

> jusqu’au 29 janvier au Petit Palais

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