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A voir en ligne : « L’Amour m’anime » de Chloé Mazlo, amour et mauvais traitements

  • Raphaëlle Pireyre
  • 2021-07-05

Le joli court de la réalisatrice de « Sous le soleil d’Alice » la met en scène dans des saynètes à la fois ludiques et désenchantées.

LE FILM : L’AMOUR M’ANIME

Comme s’il s’agissait de pages arrachées au journal intime de la dernière année d’études de la réalisatrice, L’Amour m’anime fonctionne comme de modestes et fantaisistes Fragments d’un discours amoureux. La nudité des mots de l’autofiction prend du relief avec leur illustration par des techniques d’animation artisanales qui se renouvelles à chacun des 16 épisodes de ce calendrier sentimental. Si chaque chapitre est l’espoir immédiatement déçu d’une nouvelle histoire, l’effet d’accumulation des saynettes sonne l’inéluctable désenchantement de la relation de couple.

Une poupée fabriquée en accéléré par les mains de la réalisatrice figure le corps d’un ancien amant avant de finir piquée d’aiguilles puis décapitée d’un coup de ciseaux. La littéralité des vignettes donne, paradoxalement, de la cruauté et de la distance à un monde que Chloé Mazlo s’échine à recréer afin de tenter, vainement, d’en reprendre le semblant de contrôle. « On va plus loin sans amour à trainer » : conclusion douce-amère du film qui résonne comme une tentative d’auto-conviction.

Pour voir le film, rendez-vous sur le site de la réalisatrice et plasticienne, soit juste ici.

LA FILMEUSE : CHLOE MAZLO

Dans son premier long métrage Sous le ciel d’Alice sorti en salles depuis le 30, Chloé Mazlo met en scène en la mythifiant la rencontre amoureuse de ses grand parents au Liban, sur fond de guerre. On y retrouve ce qui faisait la singularité de ses courts métrages bricolés : mélange entre prise de vue réelle et animation, sujets graves traités avec légèreté, matière autobiographique et considérations plus vastes.

« Sous le ciel d’Alice » : souvenirs embrumés du Liban

Lire notre critique

Pas étonnant qu’elle ait adapté Conte de fées à l’usage des moyennes personnes, une nouvelle de Boris Vian, dont le bric-à-brac poétique et métaphysique a toujours été une inspiration pour elle. Elle met également son dessin naïf et coloré au service d’application de jeux pour enfants sur tablettes, dont le joli Astropolo qui permet aux tout petits de faire un voyage dans l’espace recréé en papiers découpés.

 Les motifs initiés dans la trilogie autobiographique (L’Amour m’anime, suivi du carnet de voyages empêché au Liban, Deyrouth (2010), et de Petits Cailloux, César du meilleur film d’animation en 2015) reviennent dans Sous le ciel d’Alice pour s’y déployer.

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