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Robert Bresson, Thomas Vinterberg : ils sont dans le nouvel épisode de mk2 Curiosity

  • Léa André-Sarreau
  • 2021-05-12

Cette semaine, on vous offre "Pickpocket", le chef-d'oeuvre de Robert Bresson, une chronique familiale glaçante de Thomas Vinterberg et un docu sur l'architecte Bjarke Ingels.

Pickpocket de Robert Bresson

Rejeter le superflu, se concentrer sur l’essentiel, avec une austérité radicale, une attention chirurgicale aux détails et aux sons infimes. C'est le programme cinématographique de Robert Bresson, passionné des espaces clos, des intérieurs étouffants. Dans Pickpocket, il filme avec précision et grâce la passion d'une jeune voleur à la tire, amoureux de la précision que ce geste illicite requiert. Son fétichisme des objets passe par des gros plans sur les mains du voleur et du volé, du coupable et de sa victime. Pour célébrer cette chorégraphie à l'oeuvre chez Bresson, on a choisi de republier un texte de Jérôme Momcilovic paru dans les pages de TROISCOULEURS l’an dernier dans sa rubrique « Microscope ». Il y décortique chaque mois un détail particulièrement signifiant et émouvant aperçu au détour d’un plan : dans Pickpocket, il analyse des baisers moins chastes qu’on ne pourrait le croire.

Et pour prolonger la réflexion sur ce chef-d'oeuvre épuré, à l'ascèse formelle impeccable, l’artiste contemporain et réalisateur Clément Cogitore (Ni le ciel ni la terre, César du meilleur premier film en 2015) nous livre une analyse du cinéma de Bresson et de sa manière de structurer l’image dans Pickpocket dans un entretien passionnant.

Big Time - Dans la tête de Bjarke Ingels de Kaspar Astrup Schröder

On lui doit le design tout en verre des Galeries Lafayette sur les Champs-Élysées, la maison Lego grandeur nature à Billund, au Danemark, ou encore le Pavillon d’été de la Serpentine Gallery à Londres. En quelques années, l'architecte danois Bjarke Ingels s'est imposé comme un penseur indispensable de l'espace public.

Ces réalisations, à mi-chemin entre pragmatisme et utopie, modernisme et effets ludiques, font la synthèse entre architecture fonctionnelle et spectaculaire. Ce portrait intime de Kaspar Astrup Schröder propose d'explorer les facettes cachées d'une star de l'architecture qui, bien avant d'être élu "l'une des 100 personnes les plus influentes au monde" par le Time Magazine, rêvait enfant de créer des dessins animés.

Mêlant rencontres, visites de bâtiments, réunions de travail et moments privés, le documentaire aborde les années de formation de Ingels, son attachement à des projets à la fois sociaux et écolo, mais aussi à l'idée d'hybridation entre styles - un immeuble mêlant cour à la danoise et gratte-ciel à la new-yorkaise.

En parallèle de cette success-story, le film dissèque l'esprit d'un artiste hanté par la peur d'une maladie du cerveau dont le diagnostic est encore incertain. Aux plans conquérants sur des projets pharaoniques se superpose alors une trajectoire plus fragile, faite d'images subliminales (un cerveau, des photos d'IRM) qui disent la vulnérabilité d'un homme derrière l'architecte.

Submarino de Thomas Vinterberg

Nick et son frère, deux enfants d'une dizaine d'années, habitent chez leur mère alcoolique. Ils s'occupent de leur frère Martin, un bébé. Un matin, Nick trouve Martin mort. Des années plus tard, Nick habite dans un studio, il est alcoolique et fréquente Ivan, un ami qui a tendance à être violent avec les femmes. Un soir où ils boivent avec Sofie, une voisine, Ivan commence à flirter avec elle. Nick sort, et lorsqu'il revient, il trouve Sofie morte...

Bien avant Drunk, portrait tragicomique de quatre amis danois qui augmentaient leur consommation d’alcool pour pimenter leur existence (on pourra le redécouvrir lors de la réouverture des salles), Thomas Vinterberg s'était déjà intéressé aux méfaits ravageurs de l'ivresse.

Dans son cinquième long-métrage, le cofondateur du Dogme 95 multiplie les ruptures de tons, entre lugubre et légèreté, pour livrer une chronique familiale sur le poids de la culpabilité et l'hérédité du mal. Plongé dans une lumière blafarde, des couleurs désaturées, le film déploie une narration complexe et non linéaire, comme pour reconstituer le puzzle d'une malédiction qui se transmet de génération en génération. Avec un naturalisme glaçant, Thomas Vinterberg scelle le destin de ses personnages, mais les sauve du pathétique en leur offrant, grâce à son regard dénué de cynisme, la stature de héros tragiques.

KIDS ONLY

Du côté de kids, on se régale avec Happy Harmonies des réalisateurs Hugh Harman et Rudolph Ising. Vétérans du premier studio Disney, puis créateurs de la série Looney Tunes chez Warner, ils poursuivent leur carrière à la MGM en 1934. Parallèlement aux nouveaux épisodes en couleur de la série Bosko, sont lancés ces Happy Harmonies, dessins animés musicaux dont les couleurs en Technicolor et les rythmes endiablées n’ont rien à envier aux Silly Symphonies et aux Merrie Melodies des studios Disney.

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