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« Au crépuscule » : le visage de la guerre

  • Quentin Grosset
  • 2021-11-18

En épousant le regard d’un tout jeune adulte vivant dans un village reculé, Šarūnas Bartas (« Freedom », « Peace to Us in Our Dreams ») dénonce avec force et nuance la violence de l’occupation soviétique en Lituanie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Dans une bourgade indéfinie de la Lituanie d’après-guerre, Unte, 19 ans, vit avec des questions : sur son adoption par le fermier Pliauga ; sur Elena à qui appartient le domaine et qui revendique une parenté avec lui tout en le rejetant ; sur les hommes parfois accueillis par son père qui ne veut surtout pas qu’il leur parle politique… Jouant d’une atmosphère aussi pesante qu’énigmatique, Šarūnas Bartas suit le lent éveil du jeune homme à l’absurdité et la violence de l’histoire qui a heurté celle de sa famille, le laissant dans le flou.

Fasciné par les hommes qui résistent cachés dans la forêt (le mouvement des partisans, également appelé « les frères de la forêt ») et se trahissent parfois entre eux, il voit aussi leur ennemi soviétique demander aux plus pauvres de participer à l’effort financier pour le régime et brutaliser ses proches. À l’aide d’une mise en scène qui sonde les visages, tous plus fermés les uns que les autres, comme s’il ne fallait jamais qu’ils soient percés à jour, le cinéaste exprime autant les interrogations d’Unte sur son entourage qu’il retranscrit une tension, un sentiment de méfiance généralisé. Celui qu’il a lui-même pu vivre jeune homme en Lituanie jusqu’à la fin de l’URSS.

Au crépuscule de Šarūnas Bartas, Shellac (2 h 08), sortie le 24 novembre

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