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Alexis Diop, cinéaste

  • Quentin Grosset
  • 2021-05-26

Comme habité par un sentiment d'urgence, le jeune cinéaste construit une œuvre fascinante autour de la mémoire.

GEn.A : c’est la génération engagée qui invente le monde d’après. Chaque semaine, Trois Couleurs part à sa rencontre pour tirer le portrait de jeunes artistes résistant.e.s, passionnant.e.s, exalté.e.s.

Alexis Diop

Cinéaste

28 ans

« Chaque nouveau film est l'occasion de questionner la mémoire, l'héritage familial et l'absence. »

Ce qui émane d’Alexis Diop, 28 ans, originaire de Roanne dans la Loire, c’est l’urgence. Le cinéaste, qui est venu vivre à Paris à ses 18 ans pour suivre une prépa littéraire puis des études de cinéma avant de travailler en tant qu’assistant production et assistant réalisateur auprès de Nadav Lapid, Mati Diop ou Bertrand Bonello, a mis beaucoup de lui dans son moyen métrage Avant Tim (2020), sacré Grand prix Contrebandes au dernier FIFIB.

Cette autofiction en forme de found footage, qu’il a lui-même produite avec la société qu’il a co-fondée, Les Films de l’Ermitage, il l’a tournée avec ténacité sur un an, selon les disponibilités de ses comédien.ne.s et technicien.ne.s. Le film suit la découverte par un jeune homme d’une vieille VHS tournée par ses parents à sa naissance, dans les années 1990. Hors champ, il se rejoue leur rupture, en rembobinant, en accélérant parfois, et se réapproprie ses images autant que sa propre histoire – sur ça, le film évoque l’inoubliable Tarnation (2003) de Jonathan Caouette.

Le film est né de deux évènements-clés dans la vie du réalisateur : le fait d’avoir lui-même retrouvé une vieille cassette vidéo de famille, sur laquelle ses parents apparaissent ensemble, et le décès de son père, six ans plus tard. Pendant son deuil, des sentiments bizarres le traversent, il perçoit comme une résonance entre sa mémoire qui s’efface et la bande vidéo qui s’abîme...

Avec sa sensibilité de plasticien, Diop avait d’ailleurs déjà questionné la mémoire et l’archive dans son précédent projet mêlant film, installation et performance audiovisuelle, Contre le mur (2016), où une Allemande de l’Est sondait ses origines, plongée dans des photos et des sons. Son prochain court-métrage, La Chambre de Tim, se déroulera vingt ans après Avant Tim, et explorera la vie sentimentale de Tim, son alter ego.

LE DECLIC : « Au cours de mes études, j'ai commencé à investir le cinéma comme un espace de recherche. Chaque nouveau film est l'occasion de questionner de façon transversale le médium et les thématiques qui m'habitent, autrement dit la mémoire, l'héritage familial et l'absence. Dans Avant Tim, les personnages se déploient à travers une série d'instants absolument banals (de fausses vidéos de famille) qui revêtiront des années plus tard une puissance émotionnelle inattendue. J'aime l'idée que la vérité soit dans ce pseudo rien, là où on ne l'attend pas. Cela rejoint une certaine conception de l'identité, que j'aime voir comme fragmentaire et située, et un certain usage de la fiction, capable de sublimer et circonscrire une somme d'expériences, aussi éclatées soient-elles. »

Gen. A : Mirion Malle, autrice de BD

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LE FILM QUI L’INSPIRE : « Je citerais Je, tu, il, elle de Chantal Akerman : non seulement pour la radicalité de sa mise en scène, désarmante de simplicité et d'honnêteté, avec ses longs plans séquences fixes et sa voix-off à la première personne, mais aussi pour ce que le film raconte du passage du temps, de la solitude et de cette subjectivité féminine qui ne cesse de se recomposer au fil des rencontres. »

Avant Tim sera diffusé au festival Côté court (en sélection Ecrans Libres) le mercredi 16 juin 2021 à 21H et le lundi 21 juin 2021 à 18H.

Son Instagram 

 

 

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