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3 rôles marquants de Guy Marchand

  • Claude Garcia
  • 2023-12-15

Avec sa voix de séducteur-crooneur, il chantait suavement la rencontre « Destinée » d’un couple, dans un hit kitsch sorti en 1982 et resté depuis dans les annales. Guy Marchand s’en est allé à 86 ans, ce vendredi 15 décembre, comme l’ont annoncé ses enfants à l’AFP. À l’écran, l’ex chanteur s’est illustré dans des seconds rôles de râleurs et autres grandes-gueules, chez François Truffaut, Claude Miller ou Maurice Pialat. Retour sur 3 rôles marquants piochés dans la filmo de Guy Marchand.

Une belle fille comme moi de François Truffaut (1972)

André Dussollier, Claude Brasseur, Bernadette Lafont... Pour son deuxième rôle au cinéma, à peine sorti du conservatoire, Guy Marchand donne la réplique à de sacrés acteurs. Dans cette comédie noire et décalée, Truffaut met en scène, grâce à une série de flashbacks, la vie de Camille Bliss, une jeune femme soupçonnée du meurtre de ses nombreux amants, interrogée par un sociologue. Au milieu de cette construction chorale, Guy Marchand fait une apparition fantasque, dans la peau de Sam Golden, un musicien qui fait l'amour en passant des disques de bruitage de Formule 1... Un rôle qui résonne étrangement avec sa personnalité excentrique et inclassable, puisque l’acteur, également pianiste et fan de jazz, s’est d’abord fait connaître, dans les années 1960, pour sa voix de crooner et son tube La Passionata. Autre coïncidence qui prouve que Truffaut s’est inspiré de lui pour le personnage de Sam : Guy Marchand était passionné de voitures.

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Loulou de Maurice Pialat (1980)

Guy Marchand n’est pas le Loulou du titre, dans ce triangle amoureux où il donne la réplique à Isabelle Huppert et Gérard Depardieu. Fidèle à sa réputation de second rôle qui lui colle à la peau, l’acteur joue la troisième roue du carrosse, le mari cocu puis quitté. Guy Marchand, jusqu’alors habitué à jouer les épicuriens, les flambeurs, les grandes gueules, trouve ici un bouleversant rôle à contre-emploi, tout en contrition et douleur silencieuse. Face à sa femme, qui l’abandonne pour une vie de bohème, il répond d’abord par une froide violence, avant d’intérioriser sa peine. Dans son grand appartement désert, il incarne aussi - il y en a toujours chez Pialat - la solitude du grand bourgeois qui a laissé filé le bonheur entre ses doigts.

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Dans Paris de Christophe Honoré (2006)

Loin du virilisme véhiculé à la télé ou au ciné par ses personnages de flics, détectives ou loubards, Guy Marchand laisse ici affleurer une douce fragilité, cueillie avec l’âge, grâce au rôle offert par Christophe Honoré.  Son personnage de Mirko, papa divorcé et visiblement éprouvé, agace et touche par l’attention maladroite qu’il porte envers ses deux fils (Romain Duris et Louis Garrel) – avec lesquels il vit et à qui il sert du bouillon de poule en robe de chambre. Dans un écrin à la fois très Nouvelle Vague (a priori assez éloigné de Guy Marchand) et contemporain (on est plongé dans des tribulations parisiennes typiques du cinéma de Honoré) surgit son incapacité à exprimer pleinement ses sentiments, des gestes maladroits. Un rôle de vieux grincheux cassé qui lui allait particulièrement bien – et qui aurait dû être davantage creusé. Dommage pour cette destinée manquée.  

Image de couverture : Dans Paris de Christophe Honoré (2006)

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