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« Mon Légionnaire » : chronique d'un déracinement

  • Damien Leblanc
  • 2021-10-04

La cinéaste française Rachel Lang chronique le quotidien de légionnaires et de leurs épouses. Entre dureté du trait et style contemplatif, elle aborde la difficulté de préserver le couple dans un environnement hostile.

Articulées autour d’une base militaire en Corse, les vies de deux couples formés d’un côté par l’officier Maxime (Louis Garrel) et son épouse, Céline (Camille Cottin), de l’autre par le légionnaire Vlad (Alexander Kuznetsov) et sa compagne, Nika (Ina Marija Bartaité), souffrent de maux différents mais persistants où se mêlent l’attente, le déracinement et la pression sexiste… Après un premier long sur une jeune femme en quête d’elle-même, Rachel Lang s’attaque à un sujet qu’elle connaît bien – elle est lieutenant de réserve dans l’armée.

Cultivant une approche semi-documentaire, la réalisatrice montre combien les conditions de vie des femmes de militaires entravent l’épanouissement familial et amoureux. Marqué par le mythe de Pénélope et d’Ulysse, le film multiplie les allers-retours entre les missions de terrain au Mali et l’insondable solitude des épouses restées en Corse. Mon légionnaire fait ainsi ressentir la distance qui sépare l’imaginaire fantasmatique de son titre (emprunté à une célèbre chanson popularisée par Édith Piaf puis Serge Gainsbourg) de la crue réalité. Et prend une dimension tragique supplémentaire à l’aune de la disparition d’Ina Marija Bartaité, actrice lituanienne emportée par un accident en avril dernier, à 25 ans, qui trouve ici son dernier rôle.

Mon légionnaire de Rachel Lang, Bac Films (1 h 47), sortie le 6 octobre

Image : Copyright ML/Cheval deux trois/Wrong Men

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