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« Les Amours d'Anaïs » : un ardent triangle amoureux

  • Marilou Duponchel
  • 2021-09-13

Après le très remarqué "Pauline asservie", génial et drolatique court métrage passé par la Semaine de la critique en 2018, Charline Bourgeois-Tacquet réalise une brillante comédie sentimentale, poignante histoire d’amour et de désir.

La couleur rouge prédomine dans Les Amours d’Anaïs, comme c’était déjà le cas, par touches plus discrètes, dans Pauline asservie. Anaïs Demoustier donnait vie à ce personnage de jeune trentenaire tempétueuse dans ce court métrage, auquel le premier long de Charline Bourgeois-Tacquet fait suite. Nouveau chapitre et nouveau prénom pour Pauline, devenue Anaïs (Demoustier toujours, géniale toujours), que l’on retrouve presque comme on l’avait quittée : même célérité dans les gestes, même précision des mots débités à toute vitesse, mêmes vêtements rouges, même rouge à lèvres. Et, cette fois, nouveauté : sous la chaleur de l’été, le rouge de ses joues échauffées. Des teintes rouges, rosées, chargées de signifier, avec une forme de naïveté amusée, les aspirations d’un film qui court après l’amour, le désir et toutes ces choses qui font palpiter le sang sous la peau.

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Sous la lecture évidente de cet équilibre de formes et de couleurs, sous la reconnaissance de ses motifs, de ses influences (l’amour des mots et les triangles amoureux de la Nouvelle Vague, la littérature, la screwball comedy, ses histoires de remariage et ses personnages ardents), Les Amours d’Anaïs joue, dans sa première partie, avec une grande dextérité, à la comédie, en faisant du corps de son héroïne son ressort burlesque premier.

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Avant de bifurquer, de réduire la cadence quand Anaïs fixe enfin son désir, faisant peut-être taire un peu sa peur de la mort. Le film se détourne alors de son histoire de triangulation pour s’aventurer vers la naissance d’un amour entre deux femmes – c’est l’une des autres grandes forces du film que de ne jamais faire de l’homosexualité son sujet – et donner une variation plus grave, plus profonde à l’ensemble. Comme si le film refusait, à la manière d’Anaïs qui rejettera la sentence finale pour en inventer une que l’on prédit plus joyeuse, toute injonction qui pourrait contraindre son propre désir.

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