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« Eugénie Grandet » : récit d'une libération féminine

  • Damien Leblanc
  • 2021-09-24

Cette sobre adaptation du classique de Balzac se focalise sur ses thématiques les plus actuelles : le patriarcat et le capitalisme, lui ajoutant une pincée d’écologie. À l’arrivée, un récit de libération féminine à la réalisation didactique mais au casting inspiré.

Père de famille avare mais secrètement fortuné, Félix Grandet (Olivier Gourmet) règne en maître sur un foyer au sein duquel son épouse (Valérie Bonneton) et sa fille, Eugénie (Joséphine Japy), mènent une morne vie. Lorsque débarque Charles (César Domboy), dandy parisien ruiné et neveu de Grandet, Eugénie s’éprend de ce séduisant cousin, ce qui va susciter la colère de Félix. Déjà réalisateur de deux films historiques (Une exécution ordinaire et L’Échange des princesses), l’écrivain Marc Dugain adapte ici le célèbre roman d’Honoré de Balzac publié en 1834.

Si le récit est toujours situé durant la Restauration, le cinéaste a modernisé la langue et s’est concentré sur les liens entre pouvoir patriarcal et économie capitaliste. Le point de vue omniscient du roman cède aussi la place à ceux d’Eugénie et de son père, accentuant l’idée d’une opposition, tandis que le thème de l’écologie s’invite à travers des séquences où la jeune femme trouve dans la nature un moyen de s’extraire du matérialisme paternel. Joséphine Japy prête son visage impassible à l’héroïne, et le jeu sobre de l’actrice donne ainsi à cette histoire d’affranchissement des airs d’appel à une libération féminine souveraine.

Eugénie Grandet de Marc Dugain, Ad Vitam (1 h 45), sortie le 29 septembre

Image : Copyright Ad Vitam

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