
Sa dépression consume tout, alors autant ne pas le montrer. Élément secondaire de ce film norvégien qui exclut de sa mise en scène bien des gimmicks du drame psychologique, l’état psychique de Maja ponctuera plutôt ses élans de vie. La jeune femme est de retour chez sa mère avec un petit boulot de surveillante de lycée, après une carrière explosive dans la musique (sous le nom de Vongole, projet que l’on devine fun et hype) et un burn-out créatif – plus des excès de consommations diversement illicites.
Habile vertige, Maja est jouée par Marie Ulven Ringheim, que l’on connaît plutôt sous son nom de scène : girl in red. Mais le film a le bon goût de ne pas tout confondre et tient sa musique à distance – même si Low Expectations sonne déjà comme un morceau de l’intéressée : doux et puissant. L’ensemble est bien sûr à l’image de ce cinéma norvégien éthéré et mélancolique à la mode Dag Johan Haugerud (les tourbillonnants Rêves, Amour, Désir de 2025) ou Joachim Trier (Low Expectations devient presque méta quand on voit la manière dont est filmé, vieilli, l’Anders Danielsen Lie d’Oslo, 31 août), mais reste plus terre à terre, dans l’air du temps. Glosant autour de cette question conventionnelle mais fondamentale : peut-on, à 29 ans, se demander si on a raté sa vie ?
Low Expectations d’Eivind Landsvik, UFO (1 h 45), sortie le 14 octobre