
Après la mort de son père, Naim (Joe Bird) déménage avec sa mère (Mia Wasikowska) dans une communauté rurale évangélique. Adolescent réservé et en deuil, Naim se voit déchiré entre son amour et sa jalousie pour Ryan (Stacy Clausen), un camarade de lycée avec qui il commence une romance secrète. Leur désir est bientôt découvert et considéré comme un mal contre nature dont il faut les guérir.
Sous l’œil du pasteur et du village, les deux garçons sont soumis à un violent exorcisme destiné à les libérer de leurs supposés démons homosexuels. Le coming-of-age queer bascule alors dans le film d’horreur : après les sévices qu’on leur inflige, chacun voit une entité surnaturelle prendre l’apparence de la personne qu’il aime. Ainsi, Naim croit retrouver Ryan avant de le voir se métamorphoser en une créature terrifiante…
Le cinéaste donne une forme concrète au traumatisme et à l’intériorisation de la violence homophobe : à force d’entendre que leur amour est monstrueux, les adolescents finissent par le percevoir comme tel. Convoquant l’imaginaire de L’Exorciste et la réalité des méthodes de thérapies de conversion, Leviticus transforme une discrimination en une matière horrifique. Mais le réalisateur ne réduit pas ses personnages à leur souffrance : à la peur et au chagrin répondent le désir, la tendresse et la résistance.
Leviticus, d’Adrian Chiarella, Originals Factory (1h28), sortie le 7 octobre