« La Fin d’Oak Street » de David Robert Mitchell : un blockbuster peut-il encore être un film d’auteur ?

Avec son premier blockbuster, David Robert Mitchell, réalisateur d’ « It Follows » et d’ « Under the Silver Lake », réussit un spectacle à la mélancolie toute personnelle.


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La Fin d'Oak Street de David Robert Mitchell

Présenté comme l’une des plus grosses productions hollywoodiennes de l’été 2026, La Fin d’Oak Street signe le retour de David Robert Mitchell. Avec Anne Hathaway et Ewan McGregor, le cinéaste explore pour la première fois le blockbuster, avec un budget autrement plus conséquent que précédemment : 85 millions de dollars.

Venu du cinéma indépendant, Mitchell s’est vite fait un nom grâce à des œuvres à la brillante mise en scène. The Myth of the American Sleepover (2010, jamais sorti dans les salles en France), It Follows (2015) puis Under the Silver Lake (2018) ont confirmé sa passion pour les genres populaires (teenmovie, film d’horreur), qu’il détourne pour mieux dresser le portrait de personnages confrontés à leurs angoisses.

En compétition au Festival de Cannes 2018, Under the Silver Lakeavec Andrew Garfield, était une proposition aussi radicale que délirante : un thriller psychédélique et paranoïaque sur la face sombre de l’industrie de la pop culture. Mais le film essuya un sévère revers au box-office. David Robert Mitchell observa alors une longue pause.

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La Fin d’Oak Street de David Robert Mitchell

Le cinéaste revient donc avec une famille américaine projetée vers une époque remplie de végétation luxuriante et de dinosaures agressifs. Une intrigue située en 1982 qui fait nécessairement penser à Spielberg et aux productions Amblin des années 1980. Mais Mitchell parvient à garder sa patte personnelle dans ce spectaculaire blockbuster.

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La Fin d’Oak Street de David Robert Mitchell

La Fin d’Oak Street dresse d’emblée un portrait moribond et spleenétique d’une famille dont les parents vivent une crise de couple. Le film réussit un mélange captivant entre comédie de remariage, fable écologiste et récit d’horreur populaire. Une hybridité qui compose un véritable film d’auteur.

Ce quartier pavillonnaire déplacé dans l’espace et le temps s’apparente à une tendre manière d’exprimer le sentiment que chaque époque représente une bulle temporelle que l’on cherche en permanence à fuir autant qu’à recréer. Une idée qui renvoie notamment à l’enfance de David Robert Mitchell, né en 1974.

La Fin d’Oak Street constitue également une œuvre métaphorique sur le deuil, le film étant dédié au père de David Robert Mitchell, décédé en 2024. Une nouvelle étape pour une filmographie décidément passionnante, bientôt complétée par They Follow, suite d’It Follows que le cinéaste s’apprête à tourner.