Cannes 2026 : nos 5 courts métrages préférés 

Un road-trip endeuillé, une employée d’hôtel incapable de sourire, un champion de boxe en herbe… Cette année, le Festival de Cannes nous a offert des courts-métrages tendres, profonds, percutants – aussi efficaces que ramassés. Retour sur cinq pépites.


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Aux Adversaires de Federico Luis (Palme d’or du court métrage)

Caméra à l’épaule, l’Argentin Federico Luis (déjà remarqué avec Simón de la montaña en 2024) signe un court métrage sensible et immersif où il suit Tepito, 12 ans, apprenti boxeur mexicain rêvant de devenir champion. Des coulisses au combat, ses plans rapprochés captent la pression sourde qui pèse sur ce corps masculin en construction, observé hors du ring par un père attentif. La mise en scène épurée mais redoutablement efficace du réalisateur lui a valu la Palme d’or du court métrage à Cannes.

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PELOTON TONNERRE de Théo Montoya (Sélection officielle)

Au début des années 2000, une tempête interrompt la fête de soldats colombiens réunis pour fêter la promotion de leur commandant… On avait déjà été saisis par le lyrisme du premier long du cinéaste, Anhell 69 (2024). Le réalisateur nous immerge dans un entêtant film de fantômes en plein cagnard. Ces spectres qu’on sent poindre, ce sont ceux qui viennent foudroyer les célébrations de ces militaires qui les ont tués en les faisant passer pour des FARC, alors qu’ils étaient des civils.

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LA SENTINELLE d’Ali Cherri (Semaine de la critique)

D’abord portrait sombre et existentiel d’un soldat (Nahuel Perez Biscayart) qui ne trouve plus de sens ni à sa mission ni à la vie, errant usé dans des décors artificiels qui témoignent de son inadéquation progressive au monde, le film glisse alors vers un onirisme fascinant lorsque celui-ci trouve le chemin d’un mystérieux cabaret. Sa rencontre nocturne avec une performeuse lui ouvre alors une brèche de douceur et de chaleur, suspendue dans le temps.

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Le Bain des Sirènes de Lola Degove (Compétition officielle)

Il faut à peine quelques secondes pour s’enticher de Rose et Lina, les héroïnes de ce road-trip aux couleurs mélancoliques. Grâce aux actrices qui portent leur voix – Mara Taquin, vue dans Sanguine, et Eva Huault, qu’on ne présente plus -, mais pas que. Alors qu’elles viennent de perdre leur mère, ces deux sœurs, impertinentes, emplies de tristesse et de rage de vivre, empruntent un train qui les conduit tout droit en enfance. C’est impressionniste, fin, comme le trait de crayon de Lola Degove.

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Free Eliza (notes on an anatomical imperfection) de Alexandra Matheou (Quinzaine des Cinéastes)

Eliza (Grigoria Metheniti) est employée dans un hôtel de luxe, où rien ne doit déborder. Seul hic : elle est physiquement incapable de sourire… Génial point départ de ce court-métrage chypriote, qui n’a pas peur de filmer la durée, l’ennui des jours, la chaleur écrasante du soleil. Alexandra Matheou nous fait traverser l’hôtel comme un paradis artificiel, où viennent s’échouer les ambitions et les rêves. Derrière la beauté des lents mouvements de caméra, la fixité des plans, il y a la réalité des travailleurs invisibilisés – et d’une héroïne qui malgré tout, cherche la grâce.