CANNES 2026 · « Barça Zou » (ACID) : un film de vacances qui fait un bien fou

Porté par de nouvelles têtes, Barça Zou, présenté à l’ACID, est un teen movie comme on n’en faisait plus, où une bande de skateurs se remémore un voyage de jeunesse chargé en émotions fortes… et en gueules de bois. Génialissime.


barca zou

Où sont passés nos rêves de jeunesse ? La question est d’autant plus urgente en ces temps désolés, qui condamnent la génération Z à ruminer sa colère. C’est sans compter sur Paul Nouhet, qui signe là un premier long métrage comme un antidépresseur explosif. Unn film qui cultive la vitesse et l’amitié, si ce n’est la joie d’exister. Héritier de Sophie Letourneur et de ses « films de vacances », Barça Zou tient lui aussi du « film dans le film » : à mesure qu’Émile, Paul, Hascoët et Léo se remémorent leur premier trip à Barcelone, le voyage est comme ressuscité par la magie du cinéma.

Ainsi la grâce du passé se rembobine à l’infini, s’emmêle les pinceaux avec le présent, se tord dans tous les sens. Elle se commente en direct, se vit et se revit avec un plaisir masturbatoire.

Hommage à la culture skate, Barça Zou reste dévoué à son insolence, prêt à fendre l’air pour la beauté du geste. Riche en rebondissements tragicomiques, le film n’a pourtant rien de proactif ; au contraire, il s’attache à recomposer une réalité vécue, temps morts et coups de blues compris.  On l’aura compris : moins fidèle au cinéma qu’à la vie elle-même, Paul Nouhet fait feu de tout bois et surtout de ses propres souvenirs, matériau brut qu’il s’agit de moduler avec plus ou moins d’intensité. Et dont les oscillations fabriquent ce qu’on appelle communément la mélancolie, la vraie.

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