
Dans Pluribus, la dernière série de Vince Gilligan, une entité extraterrestre prend possession des terriens pour donner naissance à une grande conscience collective. Dans Colony, nouvelle création de Yeon Sang-Ho, un scientifique aux méthodes peu scrupuleuses, tente une expérience pour créer une nouvelle humanité, qu’il souhaite davantage soudée. Quand les premiers cobayes se propagent dans un gratte-ciel en plein centre de Séoul, plusieurs individus se retrouvent pris au piège, et face à des infestés toujours plus nombreux et malins, ils doivent lutter pour leur survie.
Ce pitch bien ficelé offre au cinéaste sud-coréen adepte des thrillers et des récits horrifiques, le carcan parfait pour orchestrer des séquences d’action saisissantes, maîtrisées et immersives, évoquant par instants l’univers des jeux vidéo. En resserrant son scénario sur les enjeux liés à cette contamination massive, quitte à laisser de côté le développement psychologique de ses personnages, le réalisateur réussit la prouesse d’apporter un vent de fraîcheur au très usé genre du film de zombies, inventant un tout nouveau type de créatures dans des séquences gore très plaisantes. Le tout sans sacrifier la dimension politique de son récit, qui expose tour à tour l’hypocrisie des institutions et l’individualisme d’une société où l’empathie se fait de plus en plus rare.
Colony de Yeon Sang-ho, ARP Selection (2h02), en salles le 27 mai
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