
C’est une figure incontournable de la danse contemporaine française. Maguy Marin s’est fait connaître dès les années 1970 grâce à une danse expressive, proche du théâtre et cousine du célèbre Tanztheater de la chorégraphe allemande Pina Bausch. En témoigne sa pièce phare May B (1981), qui met en scène une bande de personnages burlesques dans une fiction tragicomique inspirée des écrits de Samuel Beckett. Longues chemises blanches, visages recouverts d’argile blanche et échines courbées évoquent des corps miséreux, mus par une chorégraphie physique et dynamique (Maguy Marin a été plusieurs fois interprète pour Maurice Béjart, connu pour sa danse large et puissante).
Au Théâtre de Chaillot, elle rejoue cette pièce culte de l’histoire de la danse, ainsi que deux autres spectacles de son répertoire. Dans Les applaudissements ne se mangent pas (2002), huit danseurs se rencontrent, s’enlacent et se bousculent au milieu de rideaux de bandes de plastique colorées. Comme beaucoup de créations de Maguy Marin, cet ensemble à l’atmosphère oppressante dénonce un contexte politique, en l’occurrence les conséquences des dictatures et de la mondialisation en Amérique latine. Dans le solo Singspiele (2014), le performeur David Mambouch dévoile une série de métamorphoses, en revêtant successivement veste de costume, kimono et talons aiguilles. Avec une lenteur contemplative, une multiplicité d’identités apparaît, illustrant le trouble naissant de la confrontation à l’altérité.
Au Théâtre national de la danse de Chaillot : May B, du 8 au 12 avril ; Singspiele, les 10 et 11 avril ; Les applaudissements ne se mangent pas, du 15 au 18 avril.
